[Administration publique] Ramgoolam s’attaque à la bureaucratie qui paralyse l’efficacité gouvernementale

Le Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, poursuit son offensive contre les lourdeurs administratives qui freinent l’action du gouvernement et le développement du pays. Lors du 28ᵉ anniversaire de la “Chinese Business Chamber”, il a dénoncé sans détour la bureaucratie qui continue de peser sur les procédures. L’administration publique, a-t-il insisté, doit faciliter les initiatives, lever les obstacles et être orienté vers les résultats. Il a également remis en avant le principe du “silent agreement”, afin que l’absence de réponse ne puisse plus condamner indéfiniment un projet.

Cette nouvelle sortie confirme que le Premier ministre ne considère plus ces blocages comme de simples dysfonctionnements administratifs. Ils paralysent l’État, retardent les décisions et empêchent le changement promis de se traduire concrètement.

Il y a deux semaines de cela, Navin Ramgoolam avait déjà exprimé sa colère face aux obstacles rencontrés au ministère de la Santé. Deux ophtalmologues mauriciens de renommée internationale établis au Royaume-Uni, le Pr Patrick Yu-Wai-Man et la Dre Cynthia Yu-Wai-Man, avaient proposé bénévolement leur expertise, de nouveaux programmes de dépistage ainsi que dix implants pour traiter des patients atteints de glaucome. Pourtant, cette aide s’était heurtée aux lourdeurs du système.

Dans la santé publique, ce ne sont pas seulement des dossiers qui attendent. Ce sont des malades. Un patient atteint de glaucome ne comprend pas pourquoi une procédure tarde. Il sait seulement qu’il risque de perdre progressivement la vue. Pour une famille qui n’a pas les moyens de se tourner vers le privé, le service public n’est pas une option parmi d’autres : c’est son unique recours.

Une expertise offerte devient alors un dossier. Un équipement disponible reste inutilisé. Une technique susceptible de prévenir la cécité se perd dans les procédures. Et pendant ce temps, le patient attend. C’est là que la lourdeur administrative devient une injustice sociale. « Pa blok progrès pei », avait lancé le Premier ministre, en affirmant sa détermination à changer ce système.

Le problème dépasse largement la Santé. Un permis qui tarde, c’est un investissement reporté. Un projet bloqué, c’est une PME étouffée. Une décision qui ne descend jamais jusqu’au terrain, ce sont des emplois qui ne seront pas créés et des citoyens qui finissent par croire que rien ne change.

Un gouvernement peut avoir une vision, voter des lois et mobiliser des milliards. Si la machine administrative refuse d’avancer, ses décisions restent sans effet. C’est ainsi qu’un système peut paralyser un gouvernement de l’intérieur et vider le changement politique de sa substance.

La rupture promise ne peut donc pas se limiter à un changement de dirigeants. Elle doit entrer dans les ministères, les hôpitaux, les bureaux et les méthodes de travail. Elle doit se voir dans les délais raccourcis, les patients mieux pris en charge, les projets débloqués et les citoyens enfin respectés. Chaque dossier inutilement retardé est une victoire de l’ancien système sur le changement attendu.

Mais agir plus vite ne signifie pas contourner les règles. Les dérives des “emergency procurements” sous l’ancien régime ont montré les dangers de l’opacité et de l’absence de contrôle. Le choix n’est pas entre une bureaucratie paralysante et des achats publics sans garde-fous.

Il faut une administration rapide, mais irréprochable : des délais précis, des responsabilités clairement établies, des décisions traçables et des sanctions lorsque l’intérêt public est sacrifié. Le “silent agreement” doit empêcher le silence de bloquer un projet, jamais permettre au silence de couvrir un abus.

La véritable rupture est là : décider plus vite, contrôler mieux et remettre l’humain au cœur de l’État. Car le changement ne se mesure pas aux discours. Il se mesure au patient qui reçoit enfin son traitement, au médecin qui peut transmettre son expertise, à l’entrepreneur qui obtient une réponse et au citoyen qui constate, dans sa vie quotidienne, que le système a réellement changé.