[Cannabis à Maurice] Le Muslim Citizen Council prend position contre toute légalisation

Le Muslim Citizen Council (MCC) a rédigé un mémorandum dans lequel il s’oppose fermement à toute décriminalisation ou légalisation du cannabis à Maurice, qu’elle soit récréative ou progressive. Le document, adressé aux autorités, a été élaboré après consultation d’oulémas, d’éducateurs et de représentants de mosquées à travers l’île.

Le MCC s’inscrit en réaction au débat public qui s’intensifie autour de la question cannabique, notamment dans le cadre des discussions menées par la National Agency for Drug Control (NADC). Il rappelle que 624,5 kilogrammes de cannabis ont été saisis à Maurice en 2025, selon les chiffres officiels de la Mauritius Revenue Authority.

Sans nier les arguments économiques avancés par les partisans d’une réforme — création d’emplois, revenus d’exportation, reconversion des anciennes terres sucrières, réduction du trafic illicite —, le MCC considère que ces perspectives ne sauraient primer sur la santé publique, la cohésion familiale et les valeurs morales. L’organisation dénonce en particulier le risque que la normalisation du cannabis ne serve de porte d’entrée vers des drogues plus dures, dans un pays déjà confronté à une crise des drogues synthétiques.

Sur le plan de la santé, le mémorandum cite l’impact du cannabis sur le développement cérébral, les fonctions cognitives et la santé mentale, soulignant la vulnérabilité particulière des jeunes dont le cerveau n’atteint sa pleine maturité qu’au début de l’âge adulte.

D’un point de vue islamique, le MCC rappelle l’interdiction de tout intoxicant, mais reconnait toutefois une exception très strictement délimitée pour le cannabis médical : nécessité scientifiquement établie, absence d’alternative thérapeutique, supervision par des professionnels de santé qualifiés, et garanties effectives contre tout détournement à des fins récréatives.

Le MCC appelle l’ensemble des acteurs — gouvernement, ONG, institutions religieuses, familles et société civile — à s’unir autour d’une politique de prévention renforcée, de programmes de réhabilitation et d’éducation à destination de la jeunesse.