[Contrat pétrolier STC–MMG] La justice maintient l’accusation contre Kareena Neisius

Kareena Neisius, directrice locale du Mercantile & Maritime Group (MMG), ne parviendra pas à faire tomber l’accusation provisoire qui pèse sur elle. Mercredi, la Cour de Rose-Hill a rejeté sa motion visant à radier les charges de complot en vue de commettre une infraction de blanchiment d’argent, estimant qu’il existe bel et bien des motifs raisonnables de suspicion.

Parmi les arguments avancés par sa défense figuraient l’invalidation du cadre juridique invoqué, l’incompétence alléguée de l’officier de police ayant juré l’information provisoire, et l’absence de soupçons fondés. Mais aucun de ces points n’a convaincu le tribunal. Le juge a estimé que la loi en vigueur au moment des faits – soit la FIAMLA 2002 – restait applicable, et qu’aucun fondement légal ne venait interdire à l’officier concerné d’agir comme il l’a fait.

Une affaire liée à un contrat controversé de Rs 30 milliards

Cette décision intervient dans un contexte d’enquête plus large, menée par la Financial Crimes Commission (FCC), autour du contrat conclu en 2023 entre la State Trading Corporation (STC) et MMG. Ce marché de quelque Rs 30 milliards, attribué sans passer par les voies classiques de l’appel d’offres, avait suscité de nombreuses interrogations dès le départ. MMG, société domiciliée à Bahreïn, n’était même pas parmi les soumissionnaires initiaux. Le contrat lui a pourtant été attribué après l’annulation soudaine du processus de sélection.

La Cour a mis en lumière un élément central : bien qu’une autre société ait remporté l’appel d’offres initial avec la proposition la plus compétitive, le contrat a finalement été alloué à Mercantile and Maritime Investment Pte Ltd, une entité non inscrite dans l’exercice d’appel d’offres. Cette décision est intervenue après des rencontres entre Kareena Neisius, le fondateur de MMG Ali Murtaza Lakhani, et des membres de la direction de la STC.

Ces circonstances, selon le tribunal, justifient une enquête approfondie et établissent un soupçon raisonnable à l’encontre de Mme Neisius, justifiant ainsi le maintien de l’accusation provisoire.

Une figure influente sous les projecteurs

Arrêtée en avril dernier, Kareena Neisius est une figure bien connue des cercles d’affaires mauriciens. Elle dirige la branche mauricienne de MMG, implantée à Beau-Plan, et a occupé des fonctions de leadership dans plusieurs structures économiques du pays. Son nom, comme celui de Lakhani, est désormais associé à cette affaire tentaculaire où s’entremêlent enjeux géopolitiques, considérations économiques, et possibles dérives administratives.

La FCC, dans son communiqué, a réaffirmé son engagement à lutter contre la criminalité financière avec rigueur, impartialité et professionnalisme. Le dossier, lui, reste ouvert, et l’enquête continue.