Le 12 août 2025 restera une date marquante dans le parcours de Ramanujam Sooriamoorthy. L’écrivain, poète, traducteur et intellectuel mauricien vient d’être élu membre correspondant de l’Académie Métropolitaine de Lettres et Arts de Feira de Santana, dans l’État de Bahia, au Brésil.
Cette élection le place aux côtés de plusieurs figures littéraires internationales, dont la Camerounaise Cécile Dolisane Ebosse, la Franco-Camerounaise Marie-Rose Abomo Mvondo-Maurin, le Roumain Horia Badescu, et le Brésilien Romário Filho. L’Académie de Feira de Santana, fondée pour promouvoir les échanges culturels entre le Brésil et la francophonie internationale, compte parmi les institutions littéraires les plus respectées de l’État de Bahia.
Les statuts de l’Académie précisent que le titre de membre correspondant n’est attribué qu’à des écrivains et artistes « de grand mérite littéraire et artistique reconnu », ayant publié des ouvrages ou des œuvres significatifs, et résidant hors de la région métropolitaine de Feira de Santana. L’objectif est de renforcer les échanges culturels et le rayonnement international de l’institution.
La cérémonie officielle d’intronisation est prévue pour le 4 novembre 2025, à l’Auditorium du Théâtre Margarida Ribeiro, à Feira de Santana, lors d’une séance solennelle marquant aussi la prise de fonction du nouveau conseil exécutif de l’Académie.
Un intérêt pour le football brésilien qui ouvre des portes
Cette reconnaissance ne doit rien au hasard. Ramanujam Sooriamoorthy a consacré son dernier ouvrage, …et près du Brésil, à explorer la passion quasi mystique du peuple brésilien pour le football. Mais loin de s’arrêter au simple récit sportif, le livre interroge ce jeu comme une praxis, au sens marxiste du terme. L’auteur souligne la place unique du football dans la culture brésilienne : « Au Brésil, le football, c’est une religion. »
Bien qu’il affirme rester indifférent aux honneurs formels, le poète mauricien souligne l’importance de cette reconnaissance pour son entourage : « Les honneurs ne m’intéressent pas. Je suis sensible au plaisir que cela peut procurer à mes proches, à mes enfants. » Il ajoute être particulièrement touché par la solidarité des intellectuels brésiliens : « Je suis également sensible à cet honneur, à cette générosité, en fait, que me font mes camarades du Brésil. »
En tant que membre correspondant, il participera à des travaux, collaborera à des revues, interviendra dans des conférences – parfois à distance via des plateformes numériques. « Ça va dépendre d’eux, et de ma disponibilité aussi. Théoriquement, il est prévu que les membres correspondants participent à distance, éventuellement contribuent à des articles, et le cas échéant, puissent se déplacer pour se rendre là-bas. »
Un parcours foisonnant
Né à Port-Louis en 1949, Ramanujam Sooriamoorthy a grandi dans un environnement où les livres et les langues occupaient une place centrale. Son père, Ramoo Sooriamoorthy, inspecteur à l’Éducation et auteur de l’ouvrage de référence Les Tamouls à l’île Maurice (1977), lui transmet cette passion pour les mots.
Après ses études à Bordeaux, où il s’illustre au théâtre universitaire, il revient à Maurice en 1976 pour une carrière d’enseignant, de traducteur et d’interprète international. Ses activités professionnelles l’amènent à parcourir le monde, forgeant cette approche cosmopolite qui nourrit son écriture.
Sa plume s’affirme au fil d’une douzaine d’ouvrages – poésie, essais, récits – parmi lesquels Des vers à soi (2018), Pas à reculons (2018), Au loin là-bas à l’île Maurice (2019) ou encore Brynes (2020). Sa curiosité intellectuelle ne connaît pas de frontières : littérature, musique, cinéma, philosophie, tout nourrit son écriture. Passionné de langues, il cultive une approche humaniste et cosmopolite.
« J’écris, j’écris tous les jours. J’écris tout le temps, presque tout le temps », confie-t-il. Une constance qui témoigne d’une vocation intacte, désormais reconnue au-delà des océans par ses pairs brésiliens.


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