Ce drame a profondément choqué la famille, comme en témoignent ses sœurs et son frère. « Nous pas ti atan pou perdi li dans ene circonstance pareille », pleurent ses proches. Anwar Rehaz Noormohamed a été emporté par la montée des eaux lors des inondations survenues le lundi 15 janvier 2024, consécutives au passage du cyclone Belal. La vie s’est brusquement arrêtée pour la famille Noormohamed, qui a perdu l’un de ses piliers : « Toute la famille est meurtrie, et l’idée que notre frère ne soit plus parmi nous est presque inconcevable. » Ils sont tous profondément marqués par le choc et ressentent une tristesse infinie.
Après la tragédie, nous sommes allés à la rencontre de la famille Noormohamed. Reza, le petit frère d’Anwar, témoignant au micro de Sunday Times, a affirmé qu’il avait appris la nouvelle par son neveu qui était sur place lors de l’accident. C’est lui qui aurait aidé son oncle, mais n’a malheureusement pas pu le sauver, car en l’amenant à l’hôpital, il était déjà trop tard. Dans cette atmosphère triste, un sentiment profond d’injustice transparaît des paroles des proches encore anéantis par le destin qui leur a pris leur être cher. « Li ene moment difficile ki nous pe vivre actuellement », affirme le frère. Il nous raconte que la personne la plus touchée par cette tragédie est sa mère, âgée de 75 ans, complètement abattue depuis qu’elle a appris la nouvelle de la perte de son fils. Anwar avait été marié deux fois, mais ses relations n’avaient pas fonctionné, le laissant seul. C’est sa mère qui s’occupait de lui. Reza explique qu’elle est inconsolable, car elle n’aurait jamais pensé perdre son fils dans de telles circonstances.
Les funérailles d’Anwar ont eu lieu le mardi 16 janvier 2024, jour qui coïncidait avec l’anniversaire de son père, qui célébrait ses 86 ans. Bien que rien d’extraordinaire n’ait été prévu à cette occasion, la famille avait planifié un dîner entre proches, mais le destin en a décidé autrement. « C’était la décision de mon père d’organiser un dîner en famille, et mes sœurs étaient déjà présentes », explique le frère d’Anwar. Son père est également toujours sous le choc, car Anwar était le premier fils de la famille et était très attaché à ses parents, vivant la plupart du temps à leurs côtés.
« Nous pas ti penser ki li pas pou rente so lakaz », explique Reza, avant d’ajouter que son frère s’était rendu sur son lieu de travail ce jour-là pour effectuer une vérification, pensant qu’il rentrerait chez lui sain et sauf. Le jour du drame, sa mère l’avait appelé plus tôt pour lui demander de ne pas rentrer à la maison, en vain, car il était injoignable.
Anwar Noormohamed était un homme simple qui aimait se rendre au travail tous les jours, selon sa famille. Agent de sécurité chez Brinks, il consacrait ses jours de congé à aider un ami qui vendait des gâteaux piments à Plaine Verte, un travail à temps partiel. Il menait une vie simple, aimant fréquenter des gens et des amis de son entourage. « Lin laisse en vide dans nous lavi », dit Reza, les yeux remplis de larmes.
Les sœurs d’Anwar, Zaibina, Nazila et Nazreena, ont également exprimé leurs sentiments face à au drame qui s’est noué en début de semaine. Le dernier moment partagé avec lui remonte au 2 janvier de cette année, une journée mémorable où toute la famille était réunie. « Ce moment était particulièrement précieux, car Anwar, différent des autres, nous guidait toujours dans la bonne direction et restait à nos côtés lors des périodes difficiles. Son départ soudain, sans un mot, nous accable profondément », disent-elles. Car elles ont appris que certaines personnes, au lieu de venir en aide à leur frère, se sont contentées d’observer. « Ena dimun au lieu zot vin donne coudmain zot in zis dibouter geter », déplorent-elles. Zaibina estime que si son frère avait reçu des soins plus rapidement, la tragédie aurait pu être évitée, mais malheureusement, cela n’a pas été le cas.
La famille de la victime a affirmé qu’elle ne resterait pas les bras croisés et qu’elle demanderait une enquête approfondie pour éclaircir les circonstances du décès de leur proche dans les jours à venir. « Nous bizin koner à travers ban CCTV si finn ena ban négligence », soutient-elle.
Asraf Noormohamed craint un ‘cover up’
Il loge une ‘Private Prosecution’ contre le PM et le VPM

Asraf Noormahomed, le frère d’Anwar Rehaz Noormohamed, a décidé d’entreprendre des démarches judiciaires à la suite du décès tragique de ce dernier lors du passage du cyclone Belal en début de semaine. En déposant une ‘Private Prosecution’ ce vendredi, Asraf Noormahomed vise le Premier ministre, Pravind Jugnauth, et le vice-Premier ministre Anwar Husnoo. Il a juré un affidavit devant la Cour de district de Port-Louis, détaillant la chronologie des événements entourant la tragédie et accusant les deux responsables politiques d’incompétence et de négligence face à l’imminence du désastre.
« I have serious apprehensions of cover up in view that the Hon. Prime Minister and Dr the Hon. M A Husnoo are important members of the executive branch of Government. I also fear reprisals against myself and my family members but I want justice so that my late elder brother can rest in peace. He passed away because of omission/ incompetence of two Hon. Ministers who failed to take timely decisions when disaster was imminent », déclare-t-il sous serment.
« I am of the view that the loss of my brother cannot be compensated by whatever amount of costs and that same should be vindicated before a Court of Law. The purport of my private prosecution is hence, to obtain Justice as I believe in the criminal justice system and in the independence of the judiciary under the Constitution », ajoute-t-il.
La famille Noormohamed a retenu les services de Me Sanjeev Teeluckdary dans cette affaire, qui sera appelée Pro Forma en Cour le 13 février. Asraf Noormahomed a décidé d’entamer cette action afin de réclamer justice et vérité sur les circonstances entourant la mort tragique de son frère. Pour rappel, suite à sa chute de motocyclette sur l’autoroute à Pailles, son corps a été emporté en direction de Port-Louis. Au moment de l’accident, Anwar se rendait chez lui à Les Guibies, Pailles, en direction de Sorèze. La voie rapide était alors encombrée de véhicules, entravant la mobilité du motocycliste. La police de Pailles a ouvert une enquête afin de clarifier les circonstances précises entourant cette tragédie.


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