Democracy Watch Mauritius

Par DWM Team

THE PEOPLE HAVE SPOKEN

This is a sentence commonly used by political leaders in democratic countries after the results of a general election are proclaimed. By saying that the people have spoken, they acknowledge that they respect the right of the electorate to choose their representatives in Parliament or the office of President and in a way determine the composition of the new government.

Since the beginning of the year, many countries across the globe have organised general or Presidential elections. The different practices and outcomes should inspire us to do better in our forthcoming general election.

We have selected a few countries to illustrate our point. In the Maldives, the people voted to oust the government and hand over the keys to a new President who campaigned hard against the presence of Indian military on its soil. Soon after the elections, the new President ordered the withdrawal of the Indian military officers and proceeded to China to seek closer cooperation in several areas. The consequences of this major shift are assessed. Meanwhile, the flow of Indian tourists to Maldives has slowed down considerably, thus affecting its economy.

In Russia, it was almost a walk over by President Putin who eliminated almost all his potential opponents on technical and other grounds. Navalny who pioneered for a regime change through democratic means mysteriously died in one of the harshest prisons. This is the way people speak in an autocratic system.

In Latin America, the people of Mexico voted for a woman to the office of President. Claudia Sheinbaum, with an impressive CV, was sworn in as the first Mexican woman President, thus giving hope to the millions of Mexican women who yearn for an improvement in their living conditions. The stakes are high.

Closer to us is our giant neighbour, South Africa, which organised its Parliamentary elections in a democratic manner. The African National Congress ruled the country as the dominant political force since the end of apartheid with Nelson Mandela as the first black President. This time the ANC failed to win an outright majority and was compelled to enter into a coalition with its old rival, the Democratic People Alliance, composed mainly of whites. The people have spoken and have opted for a more representative government, bent on strong governance principles.

The world largest democracy also conducted its national elections, thus allowing millions of Indian voters to freely choose their representatives in the Indian Lower House, the Lok Sabha. For ten years, the Bharat Janata Party ruled the country with a strong fist and did not share power with other parties. This time, the people spoke and did not give BJP the absolute majority it wanted. It was forced to enter into an alliance with two regional parties to be able to form a government. At the same time, the people wanted the Congress to emerge as a powerful opposition party and oblige the Modi government to focus on good governance and respect for the minorities and institutions.

Unexpectedly, UK and France have called for snap Parliamentary elections in the months of June and July. The people have not spoken yet. So, we can only rely on the polls which indicate a likely crushing defeat for Rishi Sunak Conservative Party and the return of the Labour Party to power. Likewise, President Macron’s party is expected to suffer at the hands of both the extreme right and the extreme left.

And what about us in Mauritius? We still don’t know when the by-election or the general election will be held, but already all political parties are intensifying their campaign in the hope of an early dissolution of Parliament. How will the people vote? Democracy Watch places a lot of hope on the timely publication of all political manifestoes so that the public can compare the different programmes and be in a better position to debate freely and make a sound judgement on polling day. In the polling booth, the voter is the sole master of his choice. Collectively, the voters will decide on the configuration of the next government. Let us wait for our people to speak.

Honte nationale : Le bassin portuaire de la Pointe-des-Galets, Réunion, plus performant que la rade de Port-Louis

Texte : Le port de Maurice se classe 369e sur 405 au monde, selon le CPPI Index de la Banque mondiale (Défi du12.6.2024)

Commentaire de Democracy Watch : Les faits sont là. Accablants ! 39 places de perdues en une seule année mais avec, il est vrai, davantage de ports notés et aux dires du Container Port Performance Index de 2023 et du S. and P. Global Market Intelligence. Pointe des Galets (un bassin portuaire plus ou moins artificiel) nous précède à la 320e place. Tamatave à la 300e. Même Mayotte fait mieux que nous (307e). Nous voilà la risée générale et pas seulement indo-océanique. Encore plus risibles nos prétentions, sans fondements, de devenir le hub portuaire de la Mer des Indes. Les principales compagnies de manutention maritime désertent Port-Louis, tandis que s’évanouissent davantage nos espoirs frelatés de blue economy vers laquelle nous nous dirigeons en faisant « arrière toute ! ». Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?

Aussi risible qu’Hurryparsad Ramnarain, de syndicaliste mémoire, prétendant jadis que Port-Louis était le port le plus moderne du monde alors que des cargos par douzaines poireautaient des semaines entières et faisaient les cent brasses en tête de rade. Faut-il pleurer ? Faut-il en rire ? N’oublions pas que le port et l’aéroport sont les poumons de notre économie et conséquemment ceux de la population. Ramnarain plastronnait. Nos autorités, pas seulement portuaires, se taisent lamentablement. C’est vrai que le cancre, le dernier de la classe ou presque n’a d’alternative que de baisser piteusement la tête. Mauriciennes, Mauriciens nous avons le gouvernement que nous méritons. Dans le port de Maurice il y a des reflets qui ne dansent plus.

Vinod Seegum prône le vote électronique mais quoi dire à toute population se méfiant de pareils résultats ?

Texte : Vinod Seegum : Et si l’alternative était le vote électronique (Le Mauricien du 1.6.2024)

Commentaire de Democracy Watch : Et en avant pour les bons conseils qui ne sont pas toujours l’œuvre de payeurs intègres. Faut pas se figer dans le traditionalisme. Privilégions plutôt l’innovation, le modernisme. Le grand mot est lâché : l’Inde a adopté le vote électronique. Mais elle est déjà la Silicone Valley du 21e siècle. De plus, elle proclame les résultats électoraux… un mois après le début du scrutin. Préservons notre patrimoine électoral fondamentalement constitué d’élections législatives (27 au total) sans interruption ou presque depuis 1885 (14 depuis 1959 au suffrage universel) et dont les résultats n’ont jamais été globalement contestés. Rien n’illustre mieux la confiance séculaire de notre population, transmise de génération en génération, en notre système électoral, en son organisation et en son fonctionnement globalement satisfaisant. Pourquoi vouloir systématiquement changer un système fiable pour simplement singer à nos risques et périls ce qui s’expérimente ailleurs.

Rodons d’abord le vote électronique sur des scrutins mineurs, moins importants, et surtout n’ayant ni l’ampleur ni l’importance d’élections générales, desquelles dépendront le sort du peuple mauricien durant le lustre à venir. Lors de n’importe quelle contestation électorale heureusement partielle, quand elle est menée jusqu’au bout et pas seulement pour que des mauvais perdants ne perdent la face, le système papier actuel permet de tout reprendre à zéro avec une méticulosité accrue pour confirmer ou infirmer, mais toujours incontestablement, le résultat précédent. Aurons-nous les mêmes garanties avec le vote électronique ? Nul n’est à l’abri d’un crash. On nous rebat chaque jour davantage les oreilles avec les risques de cybercriminalité, parfois de sources étrangères et sur lesquelles nous n’avons aucun pouvoir. Nos banques sont parfois victimes de pareilles mésaventures, les forçant à cesser leurs activités heureusement pour un court laps de temps.

Qui est à l’abri d’une coupure générale de la fourniture d’électricité ? Que devient le vote électronique en cas de coupure d’électricité même dans quelques circonscriptions ? Ne parlons surtout pas de générateurs de secours. Il en faudrait alors un ou plusieurs pour chacun des 200 bureaux de vote aux quatre coins de l’île. La sagesse surtout ancestrale commande à toute locomotive de régler sa vitesse sur celle du plus lent de ses wagons si elle veut éviter tout dérapage du train tout entier. Que certains soient à l’aise avec tout système électronique ne signifie que l’ensemble de la population l’est tout autant. Les voilà condamnés à devenir des citoyens de seconde classe, des parias dévalorisés en raison de leur handicap informatique. En matière de système électoral, rien ne peut être plus important que la pleine confiance que l’ensemble d’une population donnée, sinon celle de ses éléments les plus faibles, accorde ou non à un système électoral ayant prouvé à la satisfaction générale qu’il peut se prémunir contre tout risque éventuel. Agir autrement, c’est simplement jouer au poker avec quelque chose d’aussi fragile et sacré que le respect qu’une population donne au système électoral du pays.