[Democracy Watch Mauritius] Denrée de bases : prix v/s disponibilité, importation v/s production

Texte : Rs 400 millions pour alléger le panier des ménagères, le gouvernement concrétise sa promesse. Bonne nouvelle pour les ménages : à partir du mardi 26 août, cinq produits de base verront leurs prix réduits grâce aux subventions financées par le Price Stabilisation Fund.

Commentaires de DWM : Bravo au gouvernement pour cet allègement. En fait, presque aucun pays au monde ne paie son pain quotidien aussi bon marché qu’à Maurice : du pain fait à partir de blé 100 % importé, cuit au four à gaz ou au pétrole entièrement importés, à part ces quelques boulangers qui utilisent, comme avant, le feu de bois.

Comme les scientifiques, y compris ceux de Maurice, l’ont prédit, avec la fin de l’ère du pétrole, nous avons besoin, dès 2025, d’actions continues pendant les 5, 10 ou 15 prochaines années pour nous adapter à une autosuffisance énergétique. La venue des cargos sera compromise, mais bien plus important encore, la disponibilité des denrées de base le sera aussi : blé, farine, riz, beurre, viande, céréales, entre autres.

Et tout aussi importante est l’autosuffisance alimentaire, surtout pour les produits de base (riz, farine ou substituts, médicaments), sans lesquels la population souffrira de famine. (Voir, entre autres, les études réalisées par notre Académie des sciences et de la technologie de Maurice.)

Ainsi, l’action du gouvernement sur les prix du pain, des couches, etc. (même si c’est un petit geste de 1 %) est insuffisante et ignore totalement les 99 % qui concernent la production de denrées de base (ainsi que les études sur les substituts possibles, comme la patate douce et le manioc, utilisés pendant la Seconde Guerre mondiale). Et, bien sûr, la récolte des ressources marines de notre million de km² de zone économique exclusive (ZEE) dans l’océan.

Il est nécessaire d’agir à long terme pour atteindre ces sécurités alimentaire et énergétique : actions agricoles, gestion des terres, utilisation de technologies modernes de production, mesures financières, transition immédiate et la plus complète possible vers les énergies renouvelables (solaire, éolien, biomasse), leadership du gouvernement et, surtout, participation des citoyens.

Nouveau-né abandonné : pourquoi ce silence sur son père ?

Texte : Nouveau-né abandonné dans un sac de riz, accroché à un portail. Mère de l’enfant toujours introuvable (Le Défi du 6.8.2025)

Commentaire de Democracy Watch : De quoi frissonner… Le nouveau-né est apparemment hors de danger. Souhaitons-lui les meilleurs parents adoptifs possibles, ainsi que la mise en application des nouvelles dispositions légales pour faciliter l’adoption. À moins que ses père et mère ne reviennent à des sentiments plus parentaux.

Mais que devient, dans cette histoire, le père de l’enfant abandonné ? Il n’apparaît dans aucun compte rendu médiatique. Notre police, qui compte pourtant nombre de policières, mères de famille incluses, aurait-elle oublié de rappeler à nos journalistes que, contrairement à ce que dit la chanson, aucune femme ne peut, naturellement, faire un enfant toute seule ?

Pourquoi alors accabler la seule mère, qui se remet à peine des douleurs de l’enfantement et panique peut-être à l’idée qu’elle devra élever seule son enfant, pourtant conçu à deux, et virilement de surcroît ? Bien sûr, pour trouver le père, il faut d’abord retrouver la mère. Autant chercher une aiguille dans une botte de foin.

Mais si la police prenait la peine de préciser qu’elle recherche autant le père que la mère du nourrisson abandonné, cela rappellerait peut-être à certains qu’un accouchement est autant l’affaire du père que de la mère. Il n’y a pas de responsabilité maternelle plus grande que l’irresponsabilité paternelle. Le couple, même éphémère, est responsable.

Agissons en êtres humains. Il sera demandé au mâle ainsi incriminé : « Qu’as-tu fait de ton enfant ? » Entendu ! Ces bonnes paroles n’aideront peut-être pas à retrouver les parents du nourrisson abandonné. Mais préciser que la police cherche autant le père que la mère, car tous deux sont pareillement coupables de non-assistance à personne en danger, nous aurait peut-être fait davantage réfléchir.

C’est beau, une société qui se met à penser et cesse d’agir bestialement. Et quand le mâle, en plein patriarcat, médite sur ses responsabilités masculines, cela est de bon augure.

DWM Team