[Documents confidentiels, photos du patron de la FCC] Le téléphone de Steeven Mootoocurpen au cœur d’une enquête explosive

L’affaire prend une nouvelle dimension autour de Steeven Mootoocurpen. Déjà connu des enquêteurs de la Financial Crimes Commission dans plusieurs dossiers, il a été arrêté une nouvelle fois mercredi. Cette fois, l’enquête porte notamment sur des documents officiels et confidentiels de la FCC qui auraient été retrouvés sur son téléphone portable.

Ce téléphone n’est pas nouveau pour les enquêteurs. Il avait été saisi l’année dernière, après l’arrestation de Steeven Mootoocurpen dans le cadre d’une enquête pour blanchiment d’argent. Le suspect avait ensuite obtenu la liberté conditionnelle. Mais l’analyse forensic du contenu du cellulaire aurait permis aux enquêteurs de mettre au jour des éléments particulièrement sensibles.

Parmi les découvertes figureraient plusieurs documents appartenant à la Financial Crimes Commission. Des informations relatives à des enquêtes auraient également été retrouvées sur l’appareil. Les enquêteurs cherchent désormais à établir comment ces informations, considérées comme confidentielles, auraient pu parvenir jusqu’au téléphone de Steeven Mootoocurpen.

La piste d’une fuite interne est au centre des investigations. Les enquêteurs de la FCC tentent notamment d’identifier la personne qui aurait pu transmettre ces documents. Une fois cette personne identifiée, le dossier devrait être référé au Central CID.

La raison est liée aux pouvoirs de la Financial Crimes Commission. En vertu de la FCC Act, la Commission ne peut pas enquêter elle-même sur une affaire impliquant l’un de ses officiers. Si les investigations établissent qu’un membre de la FCC est à l’origine de la fuite, la police devra donc prendre le relais.

Mais les découvertes effectuées sur le téléphone de Steeven Mootoocurpen ne se limiteraient pas aux documents de la Commission.

Les enquêteurs auraient également retrouvé des informations permettant d’identifier les policiers et enquêteurs chargés de son dossier. Un document comportant notamment leurs noms ainsi que les numéros d’immatriculation de leurs véhicules personnels aurait été découvert sur le cellulaire.

Une photo du domicile de l’enquêteur principal chargé du dossier aurait aussi été retrouvée. Cette découverte intrigue particulièrement les enquêteurs, qui cherchent à comprendre comment Steeven Mootoocurpen aurait pu obtenir ce type d’informations.

Un autre élément attire surtout l’attention : une photo du domicile du directeur général de la Financial Crimes Commission, Sanjay Dawoodharry.

Cette image prend une importance particulière lorsqu’elle est mise en parallèle avec un incident survenu en mars dernier. À cette époque, le domicile du directeur général de la FCC avait été visé par une affaire de menaces. Deux balles, accompagnées d’une lettre contenant des menaces de mort et de photos de sa maison, avaient été envoyées au domicile de Sanjay Dawoodharry.

L’affaire avait alors été confiée au Central CID.

Lors de sa plainte aux casernes centrales, Sanjay Dawoodharry avait notamment déclaré avoir aperçu à deux reprises Steeven Mootoocurpen aux abords de son domicile. Selon sa déclaration, ce dernier circulait en voiture. Des images provenant des caméras de vidéosurveillance avaient également été remises aux enquêteurs du Central CID dans le cadre de cette affaire.

Aujourd’hui, la découverte de la même photo du domicile du directeur général de la FCC sur le téléphone de Steeven Mootoocurpen apporte un nouvel élément à l’enquête.

Les enquêteurs cherchent donc à déterminer dans quelles circonstances cette image s’est retrouvée sur son téléphone et si elle présente un quelconque lien avec les menaces proférées contre Sanjay Dawoodharry.

La question se pose également pour les informations concernant les enquêteurs. Pourquoi leurs noms, leurs véhicules personnels et des informations sur leurs domiciles auraient-ils été conservés sur le téléphone du suspect ?

Pour les enquêteurs, ces éléments pourraient permettre de comprendre l’étendue des informations auxquelles Steeven Mootoocurpen aurait eu accès.

Le travail scientifique effectué sur son téléphone portable se poursuit donc. Les spécialistes passent au crible les données et les communications contenues dans l’appareil afin d’établir notamment l’origine des documents et des informations retrouvés.

Une autre question essentielle est de savoir si les documents confidentiels ont été directement transmis à Steeven Mootoocurpen ou s’ils ont circulé par l’intermédiaire d’autres personnes.

Son avocate, Me Nushmi Balgobin Kandhai, aurait elle aussi été entendue par les enquêteurs. Elle a été interrogée under warning concernant les documents qui auraient été partagés avec elle. Après son interrogatoire, elle a été autorisée à partir.

De son côté, Steeven Mootoocurpen a été interrogé mercredi après son arrestation. Il a fait valoir son droit au silence. Il répond provisoirement d’une accusation de complot visant à entraver le cours de la justice.

Il a été maintenu en cellule policière.

Cette nouvelle arrestation intervient alors que la Financial Crimes Commission intensifie ses investigations autour de cette présumée fuite d’informations. Les enquêteurs veulent notamment établir si les documents retrouvés sur le téléphone proviennent directement de la Commission et, dans l’affirmative, identifier la personne qui aurait permis leur sortie.

Le dossier pourrait donc rapidement prendre une nouvelle tournure.

Car derrière les documents retrouvés sur le téléphone de Steeven Mootoocurpen se trouve désormais une question centrale : qui a fait fuiter des informations confidentielles de la Financial Crimes Commission et comment ces informations ont-elles fini entre les mains du suspect ?

Les enquêteurs mettent les bouchées doubles pour obtenir des réponses. Et une fois l’auteur présumé de la fuite identifiée, le dossier devrait être transmis au Central CID pour les suites appropriées.