[Drogue] Le gouvernement enclenche une riposte nationale coordonnée avec le ‘Masterplan 2026-2030’

Le gouvernement franchit un cap décisif dans sa lutte contre la drogue. Avec la tenue de la première réunion de la « National Drug Control Commission » (NDCC), présidée par le Premier ministre Navin Ramgoolam, et l’adoption du « National Drug Control Masterplan 2026-2030 », l’exécutif passe clairement de l’intention à l’action.

Cette nouvelle architecture marque une rupture décisive avec une décennie d’inaction. Désormais, la riposte s’organise au plus haut niveau du gouvernement, autour d’un dispositif centralisé qui mobilise treize ministères ainsi que les autorités de Rodrigues. La NDCC devient ainsi le pivot stratégique de la politique antidrogue, supervisant notamment les actions de la « National Agency for Drug Control » (NADC).

Le message du Premier ministre est sans ambiguïté : la drogue constitue une urgence nationale. Face à l’aggravation du phénomène, tant sur les plans social, économique que sanitaire, le gouvernement opte pour une approche moderne, fondée sur des données concrètes et une coordination renforcée entre institutions.

La première réunion de la NDCC avait un double objectif : établir un état des lieux des actions déjà entreprises et définir une feuille de route claire pour les prochaines étapes. Elle a également permis un premier échange avec la nouvelle équipe dirigeante de la NADC, dans un esprit de collaboration et de responsabilisation.

Une stratégie globale, au-delà de la répression

Le « National Drug Control Masterplan 2026-2030 » repose sur un changement de paradigme. L’approche strictement répressive cède la place à une stratégie multidimensionnelle, articulée autour de plusieurs axes :

  • Réduction de l’offre et démantèlement des réseaux ;
  • Prévention à grande échelle ;
  • Prise en charge sanitaire des dépendances ;
  • Réhabilitation et réinsertion sociale des usagers ;
  • Renforcement de la coordination institutionnelle.

L’ambition est claire : remplacer des interventions fragmentées par une réponse cohérente, structurée et mesurable.

Le plan fixe des objectifs précis : réduction de la criminalité liée aux drogues, recul des maladies associées, amélioration de l’accès aux soins et renforcement de la réintégration sociale. Il s’appuie sur des mécanismes de suivi stricts et des financements dédiés, gages d’une volonté politique de produire des résultats tangibles.

Les discussions ont également mis en lumière les préoccupations des ministres concernés, tout en faisant émerger des propositions concrètes pour renforcer l’efficacité du dispositif.

Réformes sensibles et concertation nationale

Parmi les chantiers en cours figure la réforme de la politique liée au cannabis. Le « Technical Working Group » sur la « National Cannabis Policy Reform », présenté par le CEO de la NADC, Kunal Naik, a déjà enregistré des avancées significatives. Une présentation officielle est attendue prochainement pour en détailler les orientations.

En parallèle, des consultations nationales impliquant l’ensemble des parties prenantes sont en cours, afin d’assurer que les politiques adoptées soient en phase avec les réalités du terrain.

Au-delà des annonces, c’est bien une transformation de méthode que le gouvernement revendique : une action basée sur des données probantes, une coordination renforcée et une responsabilisation accrue des institutions.

Dans un contexte où le fléau de la drogue s’est profondément enraciné ces dernières années, le gouvernement affiche désormais une ligne claire : reprendre le contrôle et inscrire son action dans la durée.