Drogue : Le grand ménage s’accélère au sein de la police

Pendant des années, des policiers soupçonnés d’être liés au trafic de drogue ont continué à évoluer au sein des forces de l’ordre, tandis que plusieurs enquêtes s’étiraient pendant de longues années. Depuis l’arrivée du nouveau gouvernement, le ton a changé : les interpellations se multiplient et le message est clair, personne ne sera épargné, pas même ceux qui portent l’uniforme.

Répondant à une question parlementaire du député Roshan Jhummun vendredi, le Premier ministre a révélé que 23 policiers ont été arrêtés et suspendus dans le cadre de 18 affaires de trafic de drogue entre janvier 2014 et le 27 juillet 2026. Les chiffres mettent en évidence un contraste saisissant.

Entre 2014 et fin 2024, neuf affaires impliquant seize policiers ont été recensées. Si certaines ont débouché sur de lourdes condamnations, plusieurs dossiers sont restés pendant des années devant les tribunaux ou sont encore sous enquête. Certains attendent même, depuis plusieurs années, un avis du Directeur des poursuites publiques (DPP).

Depuis décembre 2024, l’action s’est nettement intensifiée. En à peine dix-neuf mois, neuf nouvelles affaires ont déjà été ouvertes, impliquant sept policiers pour la seule année 2026. Cette accélération témoigne d’une volonté ferme des autorités de démanteler les complicités internes qui ont permis aux réseaux de la drogue de prospérer.

Le gouvernement ne compte pas s’arrêter aux seules arrestations. Le Dr Navin Ramgoolam a également annoncé une révision de la politique applicable aux fonctionnaires suspendus. L’objectif est de revoir le principe du maintien de l’intégralité du salaire pour les agents publics placés sous interdiction de fonctions, notamment lorsqu’ils sont poursuivis pour des infractions aussi graves que le trafic de drogue.

Au-delà des statistiques, c’est un changement d’approche qui se dessine. Le gouvernement affirme vouloir rompre avec toute forme de complaisance et restaurer la crédibilité des institutions. Dans un combat où les trafiquants cherchent souvent des relais jusque dans les services chargés de les combattre, l’assainissement des forces de l’ordre est présenté comme une condition essentielle pour gagner durablement la guerre contre la drogue.