[En bref…] Polémique sur la résidence du Président : fausse controverse

Raouf Khodabaccus assis en face de Pravind Jugnauth lors d'un diner organisé à Triolet récemment

Les accusations de Raouf Khodabaccus contre les travaux de sécurité à la résidence privée du Président de la République tombent à plat. Dans un communiqué, la State House rappelle qu’il ne s’agit nullement d’un privilège accordé à l’actuel Président, mais d’une pratique institutionnelle appliquée depuis toujours à tous les chefs d’État lorsqu’ils résident dans leur maison privée.

Les travaux concernent exclusivement le renforcement de la sécurité, conformément aux recommandations des services compétents et dans le respect des procédures légales. La protection du Chef de l’État est une responsabilité de l’État, quel que soit son lieu de résidence.

Certains anciens Présidents avaient choisi d’assumer personnellement certaines dépenses liées à leur résidence. Il s’agissait d’un choix individuel, et non d’une obligation. Présenter aujourd’hui cette pratique de longue date comme un scandale relève davantage de la polémique politique que de la réalité des faits.

WhatsApp : Le récit du MSM s’effondre

L’offensive politique de Pravind Jugnauth autour des prétendus échanges WhatsApp attribués à Rakesh Bhuckory prend du plomb dans l’aile. Invité sur TéléPlus, le ‘Chief of Staff’ du ‘Prime Minister’s Office’ (PMO) a catégoriquement rejeté l’authenticité des captures d’écran, les qualifiant de montage destiné à faire croire à une ingérence politique dans les enquêtes de la ‘Financial Crimes Commission’ (FCC). Il avait d’ailleurs déjà porté plainte pour usurpation d’identité et diffusion de fausses informations.

Pourtant, c’est sur ces échanges non authentifiés que Pravind Jugnauth a construit une partie de son discours, à la veille de son meeting politique, en dénonçant une prétendue persécution orchestrée contre lui et son parti. À ce jour, aucune preuve n’a été rendue publique pour établir l’authenticité de ces messages, alors que leur auteur présumé les dément catégoriquement. Rakesh Bhuckory a d’ailleurs démontré que les captures d’écran diffusées sur les réseaux sociaux ne sont que des montages fabriqués à l’aide de l’intelligence artificielle.

Pack & Blister : Objectif: récupérer les Rs 118.8 millions dépensés

Le gouvernement poursuit son offensive dans le dossier Pack & Blister, l’un des contrats les plus controversés conclus durant la pandémie de Covid-19 sous l’ancien régime. Après avoir obtenu, en mars dernier, le feu vert du Conseil des ministres pour engager une procédure de règlement alternatif des différends (Alternative Dispute Proceedings), le Conseil des ministres a, lors de sa réunion de vendredi, pris une nouvelle décision afin de faire progresser ce dossier vers son dénouement.

L’objectif reste inchangé : récupérer les 2,2 millions d’euros (environ Rs 118,8 millions) versés pour des respirateurs qui n’ont jamais été livrés, tout en réclamant des dommages et intérêts aux sociétés espagnoles ‘Pack and Blister Distribuciones Farmaceuticas SL’ et ‘Mediterranean Healthcare Supply Network SL’.

Ce dossier est devenu l’un des symboles des dérives dans la gestion des marchés publics pendant la crise sanitaire. Alors que les contribuables avaient déboursé des dizaines de millions de roupies pour l’acquisition d’équipements médicaux, les ventilateurs commandés ne sont jamais arrivés à Maurice.

Par cette nouvelle décision, le gouvernement affiche sa volonté de ne pas laisser cette affaire sans suite et de tout mettre en œuvre pour récupérer les fonds publics engagés et établir les responsabilités.