Démission de Lockraj Nuckchady du MNSC
« Ena boku kitsoz ki empeche mwa fer mo travay… Si zot inn tan ‘vested interest’ li enn partie… », nous a déclaré Lockraj Nuckchady, président démissionnaire du ‘Standing Committee’ sur les négligences médicales. Bien que ce dernier nous ait fait comprendre qu’il y a plusieurs facteurs qui ont contribué à le pousser vers la démission, il n’a pas voulu en dire plus, en soutenant que ce n’est pas le moment idéal pour en parler.
Après trois années à la tête du ‘Medical Negligence Standing Committee’, Me Lockraj Nuckchady jette l’éponge. Il estime qu’il n’est pas là pour faire plaisir aux médecins. Dans le même temps, il évoque les difficultés auxquelles il faisait face en tant que président du ‘Standing Committee’. Sous sa direction, 51 cas ont été référés au comité, comme l’a indiqué le ministre de la Santé, Kailesh Jagutpal, en décembre dernier.
Est-ce le rapport de cette instance sur le décès des patients dialysés qui est à la base de sa démission ? A-t-il été poussé à prendre la porte de sortie ? A-t-il subi des pressions ? Autant de questions qui resteront donc sans réponse pour l’heure. Il convient cependant de souligner que, lors de sa PNQ sur la mort des patients dialysés le mardi 27 juin, le leader de l’Opposition, Xavier Luc Duval, avait soutenu que si le rapport du ‘Medical Negligence Standing Committee’ avait été rendu public, les proches des patients dialysés décédés auraient pu engager des poursuites contre le gouvernement.
Selon la loi, avait poursuivi le leader de l’Opposition, de telles poursuites ne sont plus possibles deux ans après les faits. Cependant, en ne divulguant pas tous les éléments du rapport et en ne le rendant pas public, le gouvernement a enlevé cette possibilité aux familles.
Rapport Nuckchady
Des manquements graves dénoncés
C’est en avril 2022 que le ‘Medical Negligence Standing Committee’ (MNSC), présidé par Lockraj Nuckchady avait été appelé à faire une enquête préliminaire sur les cas des onze patients dialysés alors qu’ils étaient en quarantaine à l’hôtel Tamassa, à Bel Ombre. Ce rapport a été très critique concernant la prise en charge de ces patients et a dénoncé plusieurs lacunes, dont l’absence de « dialysis sheets » et de « monitoring sheets ». Plusieurs manquements avaient été notés, allant du transport des patients dialysés jusqu’au suivi médical, en passant par la nourriture et le manque de personnel.
« In the early days, the place was manned by very few staffs. It is further noted that Nursing Officers posted at the Tamassa Quarantine Centre were also contaminated and they needed to be isolated. Yhis led to a further shortage which impacted negatively on the standard of medical/ nursing care. In fact, there was a serious lack of staff to look after all the persons including the dialysis patients in the quarantine », avait souligné le rapport Nuckchady.
Le rapport a enfoncé le clou en guise de conclusion : « There were also serious failures and omissions with regard to the care and management of several cases under investigations, including in the case of late patients Surwon, Beedassy, Unjore and Bissoo where the Committee found clear isntances od neglect and poor treatment which may have contributed to the worsening of those late patients’ conditions ».
Bose Soonarane : « Les réponses du ministre de la Santé n’étaient pas tout à fait honnêtes »
Le président de la ‘Renal Disease Patient’s Association’, Bose Soonarane, est, lui, d’avis que la démission de Me Lockraj Nuckchady était prévisible depuis quelques jours. Il nous informe également que le ministre de la Santé, Kailesh Jagutpal, a convoqué les familles des 11 patients décédés au ministère pour des discussions au cours de la semaine passée. Les parents des familles qui ont répondu à l’appel de Jagutpal n’ont pas été impressionnés par la prestation de ce dernier, selon lui.
Bose Soonarane persiste et maintient que la démission de Lockraj Nuckchady est directement liée aux réponses données par le ministre Kailesh Jagutpal lors de la ‘Private Notice Question’ (PNQ) du leader de l’opposition, Xavier Luc Duval, le 27 juin dernier. D’ailleurs, les réponses du ministre de la Santé, dit-il, n’étaient pas tout à fait honnêtes.


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