FMP : le renouveau avec l’adhésion de Neelkanth Dulloo et Rama Valayden

Neelkanth Dulloo et Rama Valayden rejoignent officiellement le « Fron Militan Progresis » (FMP). Paul Bérenger en a fait l’annonce hier matin, confirmant le rapprochement engagé avec ces deux vétérans de la politique mauricienne.

Pour une formation qui promet une « nouvelle culture politique », le casting interroge. Paul Bérenger reconstruit aujourd’hui autour de visages bien connus. Joanna Bérenger, présentée comme l’incarnation de la relève, se retrouve ainsi entourée de deux vieux routiers de la politique.

L’arrivée de Rama Valayden est la plus spectaculaire. Lorsqu’il était Attorney General, Paul Bérenger et le MMM avaient multiplié les attaques contre lui et contesté à plusieurs reprises son maintien en fonction. Le MMM était même allé jusqu’à réclamer officiellement sa démission.

Les accusations les plus graves concernaient l’affaire Subutex. Paul Bérenger avait affirmé que Rama Valayden était proche de Sada Curpen, alors recherché par la police, et avait évoqué une intervention présumée auprès de l’ADSU. Allégations que Rama Valayden avait catégoriquement rejetées. Mais elles étaient suffisamment sérieuses pour que Bérenger fasse de Valayden l’une de ses cibles privilégiées, soutenant même que le maintien de ce dernier à son poste d’Attorney General constituait « la plus grande honte pour ce pays ».

Aujourd’hui, celui dont Bérenger réclamait le départ et qu’il associait politiquement au scandale Sada Curpen est accueilli au FMP. Un rapprochement qui semble reposer sur une amnésie sélective de Paul Bérenger.

L’arrivée de Neelkanth Dulloo, après son départ du Parti travailliste, complète le tableau. Le FMP veut parler de renouvellement, mais recrute principalement parmi les figures expérimentées de l’ancien paysage politique. Une méthode familière chez Paul Bérenger, qui recherche régulièrement des partenaires capables d’élargir son assise électorale au gré des alliances et des ruptures.

La méthode Bérenger, elle, ne change pas. À chaque recomposition revient la recherche du profil susceptible d’élargir son assise électorale, ce que le langage brutal de la politique mauricienne résume souvent comme la quête du « Vaish idéal ». Sir Anerood Jugnauth, Prem Nababsing, Ashock Jugnauth, Madan Dulloo, Nando Bodha, puis Chetan Baboolall : les noms se succèdent au fil des alliances, des ruptures et des calculs. Aujourd’hui, Chetan Baboolall est installé comme leader de l’opposition, tandis que Neelkanth Dulloo et Rama Valayden viennent renforcer le dispositif.

Joanna Bérenger devait représenter l’avenir. Elle évolue finalement dans une formation dominée par son père et renforcée par des personnalités issues du passé. Le FMP affiche un nouveau sigle et promet une nouvelle culture. Pour le moment, il donne surtout l’image d’un recyclage politique dans lequel les adversaires d’hier deviennent les alliés d’aujourd’hui, sans que personne ne juge nécessaire d’expliquer les contradictions.