[Frappes des États-Unis et d’Israël contre l’Iran] L’inquiétude s’installe

Ce samedi matin, avant l’aube, plusieurs détonations ont été entendues dans la capitale iranienne ainsi que dans d’autres grandes villes, notamment Ispahan et Qom. Selon les déclarations officielles, des installations militaires, des centres de commandement et des infrastructures liées aux capacités balistiques iraniennes ont été ciblés par des frappes israéliennes et américaines coordonnées. Washington a confirmé sa participation directe à l’opération, présentée comme planifiée de longue date aux côtés d’Israël.

Il faut le rappeler sans détour : ces frappes israéliennes et américaines constituent une agression impérialiste assumée. Derrière le vocabulaire technocratique des “frappes ciblées” et « frappes préventives » ce sont deux puissances militaires qui ont choisi d’imposer leur volonté par la force, sans mandat collectif, en court-circuitant les mécanismes du droit international. Quelques heures plus tard, Téhéran annonçait une riposte. Des missiles ont été tirés en direction du territoire israélien, déclenchant l’activation des systèmes de défense et des sirènes d’alerte. L’espace aérien israélien a été fermé temporairement et la région est entrée dans un état d’alerte maximal. En quelques heures seulement, le Moyen-Orient a franchi un nouveau seuil dans l’escalade provoquée par ces frappes israéliennes et américaines. Le président américain Donald Trump a évoqué des « opérations de combat majeures ». De son côté, le guide suprême iranien Ali Khamenei a dénoncé une « agression » et promis une réponse ferme.

Mais l’initiative initiale reste celle des frappes israéliennes et américaines. Ce sont elles qui ont ouvert le cycle de confrontation directe et imposé le tempo militaire.

Un régime autoritaire… et des frappes israéliennes et américaines en violation du droit

Oui, le régime iranien est autoritaire. Les libertés politiques y sont restreintes, l’opposition encadrée, la presse indépendante sous pression et les contestations sévèrement réprimées. Ces réalités sont documentées et doivent être dénoncées.

Mais l’Iran ne se réduit ni à son régime ni à une entité homogène. C’est un pays de près de 90 millions d’habitants, traversé par une pluralité d’ethnies, de langues et d’identités. Si la majorité de la population est perse et parle le farsi, d’importantes communautés azéries vivent au nord-ouest, des Kurdes à l’ouest, des Arabes dans le Khouzistan, des Baloutches au sud-est, ainsi que des Turkmènes, des Arméniens et d’autres minorités historiques. Cette mosaïque humaine forme un tissu social complexe, parfois traversé de tensions, mais profondément enraciné dans une histoire nationale commune.

Bombarder un tel pays, c’est frapper une société diverse, fragile dans ses équilibres internes, et non un bloc monolithique. Aucun État, fût-il autoritaire, ne peut être bombardé au gré d’une coalition décidée à redessiner l’équilibre régional. Les frappes israéliennes et américaines ne reposent sur aucune base juridique claire. La Charte des Nations unies interdit l’usage de la force contre un État souverain, sauf en cas de légitime défense face à une attaque armée en cours ou sur autorisation explicite du Conseil de sécurité. Or aucune résolution n’a autorisé ces frappes israéliennes et américaines.

La notion de “menace imminente” avancée pour justifier ces frappes israéliennes et américaines relève d’une appréciation unilatérale transformée en prétexte stratégique. Si cette doctrine devait s’imposer, alors chaque puissance pourrait s’arroger le droit de frapper un pays en invoquant sa propre définition du danger. Les frappes israéliennes et américaines installent ainsi un précédent dangereux : celui d’un droit auto-proclamé à la guerre.

Une démonstration brutale de domination israélo-américaine

Ces frappes israéliennes et américaines ne constituent pas une simple “démonstration de force”. Elles relèvent d’une démonstration brutale de domination, pensée pour rappeler à toute la région qui détient la supériorité militaire et qui s’autorise à l’utiliser sans mandat. Loin d’être un épisode isolé, les frappes israéliennes et américaines s’inscrivent dans une stratégie assumée d’endiguement et d’affaiblissement de l’Iran. Le message adressé aux acteurs régionaux est limpide : toute contestation de l’architecture sécuritaire voulue par Washington et Tel-Aviv pourra être sanctionnée par la force.

Plusieurs responsables occidentaux ont évoqué, ouvertement ou à demi-mot, la perspective d’un changement de régime à Téhéran. Si tel est l’horizon stratégique sous-jacent aux frappes israéliennes et américaines, alors nous ne sommes plus dans la prévention mais dans l’ingérence par la coercition militaire. En revendiquant un “ordre international fondé sur des règles” tout en menant des frappes israéliennes et américaines sans mandat des Nations unies, Washington et Tel-Aviv exposent un double standard manifeste.

Cette démonstration israélo-américaine ne cherche pas seulement à affaiblir l’Iran ; elle vise à graver dans le marbre une hiérarchie régionale fondée sur la supériorité militaire et l’impunité diplomatique.

Le risque d’un chaos provoqué

Fragiliser un État aussi vaste et composite que l’Iran par des frappes israéliennes et américaines, sans perspective politique inclusive, revient à jouer avec une poudrière régionale. Dans un pays où coexistent plusieurs grandes composantes ethniques et culturelles, toute déstabilisation brutale peut réveiller des tensions périphériques, attiser des fractures identitaires ou nourrir des logiques centrifuges.

L’histoire récente du Moyen-Orient montre que les interventions extérieures, souvent justifiées par des impératifs sécuritaires, ont débouché sur des dynamiques de fragmentation, de milices et de conflits prolongés. Rien ne garantit que les frappes israéliennes et américaines produiront la stabilité qu’elles prétendent défendre. Elles pourraient au contraire ouvrir la voie à une instabilité durable, dont les populations civiles paieraient le prix.

L’Iran occupe une position stratégique centrale entre l’Irak, l’Afghanistan, le Pakistan, le Caucase et le Golfe. Toute déstabilisation majeure provoquée par des frappes israéliennes et américaines aurait des répercussions immédiates sur l’ensemble de la région. Dans un contexte international déjà marqué par la guerre en Ukraine et du génocide  à Gaza, ajouter une confrontation directe issue de frappes israéliennes et américaines affaiblit encore davantage les garde-fous collectifs.

oumma.com