[Grave cas allégué de négligence médicale] Une patiente réclame plus de Rs 14 millions de dommages

Ce qui devait être une intervention de routine s’est transformé en un long calvaire pour une habitante de Pointe d’Esny et son époux. Tous deux ont saisi la Cour suprême pour demander réparation après ce qu’ils estiment être un grave cas de négligence médicale dans une clinique privée. Ils réclament solidairement plus de Rs 14,3 millions à un gynécologue et à l’établissement de santé concerné.

L’affaire débute en juin 2024 lorsque Mme R., alors âgée de 36 ans, ressent de violentes douleurs abdominales. Après une première évaluation, une masse ovarienne est suspectée. L’intervention chirurgicale proposée par un spécialiste exerçant dans le secteur privé est réalisée à la mi-janvier 2025. Mais les suites opératoires tournent rapidement à la catastrophe.

Fièvre persistante, douleurs abdominales aiguës, incapacité à évacuer les selles… malgré des symptômes préoccupants, la patiente est renvoyée chez elle sans examens approfondis. Son état se dégrade brutalement et, faute de pouvoir joindre le médecin qui l’a opérée, elle est transférée en urgence à un autre hôpital privé.

Le diagnostic tombe : perforation du côlon, péritonite, choc septique. Elle subit une deuxième opération d’urgence pour tenter de sauver sa vie. Une colostomie est pratiquée, suivie d’un long séjour en soins intensifs. Quelques semaines plus tard, une troisième intervention est nécessaire pour drainer un abcès post-opératoire. Aujourd’hui encore, la patiente est dépendante de soins quotidiens, vit avec une poche de colostomie, souffre de douleurs chroniques et d’une perte totale d’autonomie.

Selon le couple, la faute incombe au chirurgien qui aurait, lors de la première opération, causé des dommages internes graves et manqué de réactivité face aux complications postopératoires. Ils affirment également que le praticien aurait tenté de les dissuader de révéler cette erreur, exprimant sa crainte d’éventuelles sanctions professionnelles.

Le préjudice est non seulement physique, mais aussi moral et financier. Le conjoint, qui est travailleur indépendant, a dû suspendre ses activités pour prodiguer des soins à son épouse. Le couple dit avoir tout perdu : autonomie, intimité, revenus… et se retrouve aujourd’hui dans l’incapacité de financer une quatrième opération visant à restaurer le transit intestinal.

Les plaignants demandent également que le Medical Council prenne des mesures disciplinaires à l’encontre du praticien. L’affaire sera examinée prochainement devant la Cour suprême.