[Incendie au ministère de la Sécurité sociale] Une tentative de destruction de preuves ?

Un incendie s’est déclaré dans une section du 10ᵉ étage du Renganaden Seeneevassen Building à Port-Louis, siège du ministère de l’Intégration sociale, de la Sécurité sociale et de la Solidarité nationale, dans la matinée du lundi 30 juin 2025. Si aucun blessé n’est à déplorer, l’alerte est grave : plusieurs documents sensibles liés à la supervision des maisons de retraite ont été détruits. L’enquête, toujours en cours, privilégie d’ores et déjà la piste criminelle.

Le ministère, dans un communiqué diffusé le 2 juillet, a salué l’intervention rapide des sapeurs-pompiers et de la police, tout en indiquant que les dégâts sont toujours en cours de répertoriage. Mais en coulisses, les soupçons sont lourds : les flammes ont touché spécifiquement les locaux abritant le Residential Care Home Office, le Home Care Resident Board et le service de délivrance de permis pour établissements d’accueil de personnes âgées – trois unités clés actuellement sous le feu des projecteurs en raison d’une enquête interne ouverte en avril sur de graves manquements dans certaines maisons de retraite privées.

Des éléments troublants viennent appuyer l’hypothèse d’un acte volontaire. Un tissu brûlé et un morceau de papier hygiénique partiellement carbonisé ont été découverts sur les lieux et saisis comme pièces à conviction.

Un timing troublant

Le sinistre survient alors que les services touchés devaient remettre des documents dans le cadre d’audits liés à l’affaire Fieldview Care Home, une maison de retraite illégale accusée de graves négligences. Ce scandale, impliquant saisie de drogue, abus présumés et complicité administrative, fait l’objet d’enquêtes criminelles. Des documents potentiellement liés à cette affaire auraient été détruits dans l’incendie.

Les autorités assurent vouloir « faire toute la lumière sur cet incident ». La police scientifique a effectué des prélèvements et les auditions du personnel sont en cours. Plusieurs employés ont été invités à fournir des informations sur les accès aux bureaux sinistrés dans les jours précédant l’incendie. À ce stade, aucune arrestation n’a été effectuée, mais l’enquête progresse.

Si l’acte criminel est confirmé, il pourrait avoir des répercussions graves au sein même de l’appareil administratif. Les regards sont désormais tournés vers la hiérarchie du ministère, déjà critiquée pour des manquements répétés dans la régulation du secteur des maisons de retraite. Ce nouvel épisode ne fait que fragiliser davantage une institution secouée par les scandales à répétition.