Un an après son arrivée à la tête de Mauritius Telecom, le ‘Chief Executive Officer’ (CEO), Veemal Gungadin, imprime sa marque. Réorganisation interne, recentrage sur la connectivité, pari sur l’intelligence artificielle : entre chantiers engagés et ambitions assumées, il trace les contours d’un opérateur en pleine transformation. Après une année de fondations, il prépare un tournant stratégique, avec une série de projets majeurs qui seront dévoilés en juillet.
Q : Voilà déjà un an que vous êtes à la tête de Mauritius Telecom. Lors de votre prise de fonction, vous aviez exprimé votre volonté de « contribuer à une entreprise stratégique pour le pays, à un moment charnière de son évolution numérique ». Un an plus tard, estimez-vous avoir atteint, au moins en partie, cet objectif ?
Au terme de cette première année, je ne dirais pas que nous avons atteint tous nos objectifs. Mais nous avons posé des bases solides. Cette première année n’a pas été une année de déclarations ; elle a été une année de fondations.
Mauritius Telecom est une entreprise solide, reconnue et profondément stratégique pour le pays. Mon rôle a été de capitaliser sur ses acquis, tout en apportant les améliorations nécessaires pour préparer la prochaine étape. Nous avons travaillé sur la gouvernance, l’organisation, les ressources humaines, la discipline d’exécution et la clarté du cap.
J’ai aussi découvert, et je veux le souligner, des employés très attachés à leur entreprise. Beaucoup ont une vraie fierté de servir Mauritius Telecom et le pays. Aujourd’hui, notre responsabilité est de leur donner un cadre plus clair, une vision plus structurée et les moyens de contribuer pleinement à l’ambition que nous avons pour l’entreprise.
Nous avons également recentré nos efforts sur notre coeur de métier : la connectivité. Cela concerne le mobile, le haut débit, l’accès à Internet dans les foyers, la fibre, les services résidentiels, le contenu à travers my.t TV, ainsi que nos investissements dans les infrastructures, notamment les data centers.
En résumé, cette première année nous a permis de mieux comprendre où nous en sommes, de corriger ce qui devait l’être et de préparer concrètement la suite.
Q : Et justement qu’est-ce qui ne fonctionnait pas ?
Je dirais que l’expérience client n’était pas toujours au niveau de nos ambitions. C’est un point sur lequel nous avons dû faire un vrai travail d’humilité.
Lorsqu’un client signale une interruption de service, par exemple après qu’un câble a été endommagé, notre priorité ne doit pas être de chercher d’abord les responsabilités. Notre priorité doit être de rétablir le service le plus rapidement possible, avec plus de réactivité et plus de sens du client.
Nous avons aussi revu certains indicateurs très concrets, comme le délai d’installation des nouvelles lignes Internet. L’objectif est de trois jours, mais nous avons constaté que ce délai n’était pas toujours respecté, ce qui créait des attentes trop longues pour certains clients. Nous avons donc engagé des actions pour réduire ces délais. Nous ne sommes pas encore au niveau que nous visons, mais nous progressons.
C’est aussi dans cet esprit que nous avons lancé des solutions comme my.t Everywhere. Dans certains cas, l’installation de la fibre peut prendre plus de temps, notamment lors d’un déménagement ou dans des situations particulières. Or, les clients ont parfois besoin d’une connexion immédiatement, pour travailler, étudier ou accueillir de la famille. my.t Everywhere apporte une réponse simple : une solution plug & play, disponible tout de suite, sans installation lourde ni rendez-vous préalable.
Q : Vous parlez du service client, mais certains clients font toujours état d’une certaine lenteur de leur connexion Internet. Qu’avez-vous à répondre ?
Quand un client nous dit que sa connexion est lente, nous devons d’abord l’écouter. C’est notre point de départ. L’expérience Internet ne se limite pas au réseau fibre qui arrive jusqu’au domicile ; elle dépend aussi de ce qui se passe à l’intérieur de la maison : le Wi-Fi, l’équipement utilisé, l’emplacement du routeur, l’épaisseur des murs, le nombre d’appareils connectés et les usages simultanés.
Maurice a été pionnier en Afrique dans le déploiement national de la fibre, et notre réseau fibre constitue une base très solide. Mais au moment de ce déploiement, beaucoup de foyers utilisaient encore des équipements Wi-Fi plus anciens. Aujourd’hui, beaucoup de nos clients sont encore sur du Wi-Fi 4, ce qui peut limiter l’expérience réelle, même lorsque la fibre est performante.
Les usages ont aussi fortement évolué : streaming, télétravail, visioconférences, jeux en ligne, objets connectés. La demande en qualité de connexion est beaucoup plus forte qu’auparavant.
C’est pour cela que nous avons lancé une campagne de mise à niveau, notamment avec le déploiement du Wi-Fi 7 chez nos clients. Notre responsabilité est de regarder l’expérience de bout en bout, pas uniquement la fibre, afin d’améliorer la qualité, la stabilité et le confort de connexion à domicile.
Q : Au-delà des failles identifiées que vous êtes en train de corriger, quelles ont été les principales réalisations de Mauritius Telecom au cours de votre première année à sa tête ?
Je retiendrais trois grandes réalisations.
La première, c’est la remise en mouvement de l’organisation. Nous avons renforcé la discipline d’exécution, clarifié certaines responsabilités et commencé à mieux aligner les talents avec les besoins de l’entreprise.
La deuxième, c’est la réaffirmation de notre coeur de métier : la connectivité. Nous avons continué à investir dans le réseau, dans les data centers, dans la qualité de service et dans des solutions qui répondent plus directement aux besoins des clients.
La troisième, c’est l’ouverture d’un nouveau chapitre autour de l’intelligence artificielle. Nous avons créé une AI Unit, lancé des cas d’usage concrets, travaillé sur mytGPT et engagé un projet important dans l’éducation, en collaboration avec les autorités concernées.
Pour moi, la première année a donc permis de poser les bases : organisation, exécution, client, connectivité et innovation.
Q : Dans le concret, cela se traduit comment ?
Concrètement, cela s’est d’abord traduit au niveau des personnes et de l’organisation. Nous avons constaté que certains collaborateurs n’étaient pas nécessairement positionnés là où ils pouvaient donner le meilleur d’eux-mêmes.
Nous avons donc engagé un travail de mobilité interne et de réalignement des compétences. L’objectif n’était pas de déstabiliser l’entreprise, mais de mieux placer les talents, de clarifier les rôles et de renforcer la capacité d’exécution.
Par ailleurs, dans le cadre d’un exercice encadré, certains collaborateurs ont choisi de faire valoir leur droit à la retraite. Cela fait partie d’une démarche plus large visant à adapter l’organisation aux défis qui nous attendent.
Q : Donc une restructuration au niveau du personnel…
Je parlerais plutôt d’un réalignement de l’organisation. Mauritius Telecom est une grande entreprise, avec une histoire forte et beaucoup de compétences. Mais pour répondre aux attentes des clients, aux nouvelles technologies et aux ambitions du pays, nous devons nous assurer que les bonnes personnes sont au bon endroit, avec des responsabilités claires et une culture d’exécution plus forte.
Ce n’est pas une démarche de rupture. C’est une démarche de modernisation, d’efficacité et de responsabilisation.
Q : Concrètement en termes de réalisations… qu’avez-vous fait ?
Nous avons aussi mené un travail important sur l’avenir de l’entreprise. Nous avons réuni une centaine de collaborateurs pour construire un plan stratégique concret, réaliste et orienté résultats.
Le thème retenu, « Bridging Africa & Asia », incarne cette vision. L’Afrique est un axe dont on parle depuis longtemps, mais notre volonté est maintenant de passer plus clairement à l’action, en positionnant Maurice comme un hub crédible entre l’Afrique, l’Inde et l’Asie.
Sur les trois prochaines années, nous prévoyons d’investir près de 20 milliards de roupies. Ces investissements concernent notamment la connectivité, les câbles sous-marins, les data centers, les infrastructures numériques et l’intelligence artificielle.
L’IA est une rupture majeure. Elle transforme déjà le travail, l’éducation, les entreprises et les services publics. C’est pourquoi nous modernisons nos data centers avec des infrastructures de nouvelle génération et avons créé une AI Unit dédiée au sein de Mauritius Telecom.
Cette unité développe déjà des applications concrètes. Nous avons choisi de mettre un accent particulier sur l’éducation, avec mytGPT Education. Notre ambition est qu’à terme, chaque enfant mauricien puisse bénéficier d’un accompagnement personnalisé grâce à l’intelligence artificielle, dans un cadre pédagogique structuré et responsable.
Nous avons déjà lancé une phase pilote dans huit écoles, en collaboration avec le ministère de l’Éducation et des Ressources humaines ainsi que le ministère des Technologies de l’information, de la Communication et de l’Innovation.
Il est important de le préciser : l’objectif n’est pas de remplacer l’enseignant. L’objectif est de lui donner un assistant intelligent pour gagner du temps, préparer des supports pédagogiques, proposer des exercices, mieux accompagner les élèves et renforcer l’apprentissage.
Q : Votre projet est très ambitieux, en effet. Mais est-ce réalisable à court terme, sachant que l’enseignement en ligne, par exemple, n’a pas vraiment fonctionné jusqu’à présent ?
Il faut distinguer les deux sujets. Ce que nous proposons n’est pas simplement de l’enseignement en ligne. Il s’agit d’un outil d’accompagnement personnalisé, utilisé avec les enseignants, dans un cadre pédagogique.
Notre approche est agile et progressive. Nous ne voulons pas concevoir un grand plan pendant deux ans, puis découvrir à la fin si cela fonctionne ou non. Nous préférons tester, apprendre, corriger et améliorer continuellement.
L’année dernière, nous avions déjà mené une première expérience à Rodrigues pendant trois mois. Cette phase nous a permis d’apprendre énormément : ce qui fonctionnait, ce qui devait être amélioré, les besoins des élèves, les attentes des enseignants et les conditions nécessaires pour déployer la solution de manière responsable.
C’est sur cette base que nous avons lancé la phase pilote à Maurice. Depuis, la solution a déjà évolué à travers plusieurs versions. Nous l’améliorons grâce aux retours des élèves, des enseignants, des ministères et de l’écosystème éducatif.
Quand je parle d’un déploiement plus large à partir de 2027, je le fais avec confiance, parce que nous avançons étape par étape, avec prudence, mais aussi avec ambition.
Q : Vous avez évoqué un investissement important de 20 milliards de roupies, ce qui est effectivement très ambitieux. Concrètement, quels résultats visez-vous à travers ces projets, notamment en ce qui concerne l’intelligence artificielle ?
L’intelligence artificielle est un axe important, mais elle repose sur une base essentielle : la connectivité. Notre premier rôle reste de connecter Maurice, localement et avec le reste du monde.
La stratégie « Bridging Africa & Asia » vise précisément à renforcer les liens de Maurice avec l’Afrique, avec l’Inde et plus largement avec l’Asie. Pour cela, il faut des infrastructures robustes, résilientes et capables de soutenir les besoins futurs en données, en cloud et en intelligence artificielle.
Nous sommes déjà engagés dans plusieurs projets de câbles sous-marins afin de renforcer la connectivité internationale et la résilience du pays. Ce sont des projets structurants, qui demandent du temps, des partenariats et des investissements importants.
Aujourd’hui, certaines phases de conception et de budgétisation sont déjà enclenchées. Ces projets ne sont donc pas simplement des idées : ils sont en développement.
Un autre sujet important, déjà évoqué publiquement, concerne le câble sous-marin porté par Google en lien avec le gouvernement indien. Le Premier ministre a échangé avec son homologue indien afin que Maurice puisse être considéré dans ce projet stratégique. Pour nous, l’objectif est clair : faire de Maurice un point d’ancrage crédible et stratégique dans l’océan Indien.
Q : Et où en est-on avec les négociations ?
Les discussions sont constructives. Nous avons eu des échanges avec des dirigeants de Google sur les aspects techniques et de faisabilité.
À ce stade, il faut rester prudent, car ce type de projet demande des analyses détaillées et plusieurs niveaux de décision. Mais nous continuons à positionner Maurice comme une destination crédible, stable et stratégique pour ce type d’infrastructure.
Q : Quels sont les principaux défis auxquels vous faites face actuellement ?
Je vois trois grands défis. Le premier est de continuer à améliorer l’expérience client. Nous avons progressé, mais nous devons aller plus loin en matière de réactivité, de qualité de service et de simplicité pour le client.
Le deuxième défi est celui des compétences. L’intelligence artificielle évolue très vite, et il faut développer les talents, former les équipes et créer les conditions pour que Maurice ne soit pas seulement un consommateur de technologie, mais aussi un créateur de solutions.
Le troisième défi est l’exécution. Les projets d’infrastructure, de connectivité internationale, de data centers et d’IA sont complexes. Ils nécessitent de la coordination, des investissements, des partenariats et une discipline de suivi très rigoureuse.
C’est aussi pour cela que nous travaillons à construire un écosystème. Notre ambition est d’attirer à Maurice des fournisseurs de solutions capables d’apporter leurs technologies, mais aussi d’aider les entreprises mauriciennes à développer et exporter leurs propres solutions vers l’Afrique, l’Inde et, demain, plus largement l’Asie.
Nous travaillons déjà dans cette direction avec le ministère des TICI, notamment autour de l’AI Marketplace, une plateforme destinée à mettre en valeur les solutions développées à Maurice. Nous en sommes encore au début, mais l’ambition est de bâtir un véritable écosystème d’innovation.
Q : Est-ce que nous avons le savoir-faire ? Nous parlons beaucoup d’intelligence artificielle, mais disposons-nous réellement de l’expertise nécessaire et d’une main-d’oeuvre qualifiée dans ce domaine ?
La réponse est oui et non. Oui, parce que Maurice dispose de vrais talents. Nous avons de très bons étudiants, de bons ingénieurs, de bons profils technologiques, et une partie importante de ces compétences reste dans le pays. À Mauritius Telecom, notre AI Unit s’appuie déjà en grande partie sur des talents locaux. C’est une base solide.
Mais non, si l’on pense que cette base suffit à elle seule. L’IA est un domaine qui évolue extrêmement vite. Nous devons donc renforcer nos compétences, former davantage, attirer des talents et travailler avec des partenaires internationaux.
Le partenariat est essentiel. Nous échangeons avec des acteurs en Inde, aux États-Unis, en Chine et ailleurs, car ce sont des pays qui façonnent aujourd’hui l’écosystème mondial de l’intelligence artificielle. L’enjeu pour Maurice est de combiner nos talents locaux avec les meilleurs partenariats internationaux.
Q : Le Premier ministre a annoncé la création d’une Zone Économique Spéciale à Côte d’Or, notamment dédiée à l’intelligence artificielle. Est-ce que Mauritius Telecom s’inscrit dans cette dynamique et y trouve sa place ?
Oui, Mauritius Telecom s’inscrit pleinement dans cette dynamique.
Notre rôle naturel est celui d’un acteur d’infrastructure : connectivité nationale et internationale, data centers, cloud, sécurité, et demain capacités d’intelligence artificielle. Pour qu’une Zone Économique Spéciale dédiée à l’IA réussisse, il faut une infrastructure numérique robuste, fiable et connectée au monde. C’est précisément là que Mauritius Telecom peut jouer un rôle clé.
Nous voulons aussi contribuer à attirer des investisseurs et à construire un écosystème autour des data centers, de l’IA et des nouvelles infrastructures numériques. Nous allons nous-mêmes investir dans cette dynamique. Les détails seront communiqués au moment approprié.
Q : Quels sont les projets sur lesquels vous travaillez ?
Je ne veux pas que l’on oublie le service client. C’est un axe permanent. Nous devons continuer à améliorer l’expérience de nos clients, que ce soit pour l’installation, la qualité de connexion, le support ou la simplicité des services.
Un chantier important concerne l’expérience Wi-Fi à domicile. Beaucoup de nos clients sont encore sur du Wi-Fi 4. Nous devons accompagner cette migration afin que les foyers mauriciens puissent mieux travailler, apprendre et se divertir à domicile.
L’autre grand axe est l’intelligence artificielle. Nous passons à la vitesse supérieure. Mauritius Telecom investit dans des capacités GPU de nouvelle génération, qui sont essentielles pour entraîner, héberger et déployer des solutions d’IA. Ces capacités seront importantes pour nos propres solutions, mais aussi pour l’écosystème mauricien.
Q : Il y avait justement des difficultés concernant les GPU, notamment au niveau de l’approvisionnement. Est-ce que cette situation est désormais réglée ?
L’approvisionnement en GPU est un sujet complexe au niveau mondial. La demande est très forte et les délais peuvent être importants.
Une délégation composée d’acteurs du public et du privé s’est récemment rendue en Inde à l’occasion de l’AI Summit. Sur place, nous avons rencontré plusieurs décideurs et engagé des discussions constructives.
Ces échanges nous ont permis d’avancer concrètement. Les contraintes d’approvisionnement commencent à se desserrer et nous avons désormais une meilleure visibilité sur les délais. Cela nous rend plus confiants dans notre capacité à déployer les infrastructures prévues.
Q : Vous parliez d’améliorer la connectivité pour mieux travailler à domicile. Justement, le « work from home » que vous avez mis en place dans le contexte des répercussions liées à la guerre au Moyen-Orient fonctionne-t-il comme vous l’espériez ?
Face à l’évolution de la conjoncture mondiale, notamment les tensions géopolitiques et la pression sur les coûts énergétiques, nous avons mis en place un mode de travail hybride. Une partie des équipes travaille à distance, lorsque cela est compatible avec les besoins opérationnels, tandis que les équipes essentielles restent mobilisées sur le terrain.
L’objectif était double : assurer la continuité des opérations et réduire notre consommation d’électricité et de carburant. Après seulement deux semaines de mise en oeuvre, les premiers résultats sont encourageants. Sur le périmètre concerné, les relevés indiquent une baisse d’environ 55 % de la consommation hebdomadaire.
C’est aussi une démonstration concrète de résilience. Une entreprise comme Mauritius Telecom doit être capable de s’adapter rapidement tout en continuant à servir le pays.
Q : Pour conclure, Veemal Gungadin…
Je suis satisfait de cette première année, parce qu’elle nous a permis de construire une base solide. Et une bonne fondation est essentielle pour aller plus vite par la suite.
Le mois de juillet marquera une étape importante, avec un événement clé au cours duquel nous ferons plusieurs annonces. Il ne s’agira pas seulement de présenter nos prochaines orientations, mais aussi de dévoiler de nouvelles solutions pour les petites et moyennes entreprises, les grandes entreprises et les clients résidentiels.
La première année a été celle des fondations. La prochaine étape sera celle de l’accélération : améliorer encore l’expérience client, renforcer notre coeur de métier et faire de Mauritius Telecom un acteur clé de la transformation numérique de Maurice.


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