« Vous êtes la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes, car vous ordonnez le Ma’rouf, interdisez le mounkar et croyez en Allah. » (Sourate 3 : 110)
Dans notre engagement à dénoncer l’oppression dont font l’objet des musulmans à travers le monde, il nous faut inviter les Musulmans et la population en général à réfléchir et prendre conscience de la persécution perpétrée par le gouvernement chinois à l’encontre de nos frères et sœurs du Turkménistan, illégalement occupé par la Chine et appelé Xinjiang, le nouveau territoire.
La présence du président chinois au sein de BRICS, aux côtés de pays Musulmans, ne devait pas nous détourner des actions expansionnistes de la Chine et de la haine envers les Ouïgours turcophones du Turkménistan.
Retour dans l’histoire
L’Islam existe en Chine depuis plus d’un millier d’années. Les commerçants arabes l’ont importé, dans leurs caravanes, par la mer et la célèbre Route de la soie. Le pays compte aujourd’hui plus de 20 millions de sunnites, et huit instituts d’études islamiques, bien entendu administrés par l’État. La majorité de ces musulmans sont des Huis, nom officiel que le gouvernement leur a donné et qui regroupe en réalité plusieurs minorités ayant l’Islam en partage.
À la différence des Ouïgours, uniformément turcophones, la plupart des Huis sont des descendants directs des voyageurs de la route de la soie. Arabes, perses et même Hans [ethnie chinoise majoritaire]… leurs origines sont très variées.
Il existe au Turkménistan, que la Chine confond avec la province de Xinjiang, une zone autonome se trouvant dans le nord-ouest de la Chine, plus de 12 millions d’Ouïgours, un peuple turcophone. Cette province a été annexée à la Chine depuis 1949 avec la création de l’état communiste chinois.
Il faut savoir que cette zone regorge, sous son sol, d’énormes réserves de pétrole, et d’autres ressources naturelles comme le charbon. Xinjiang se trouve sur le projet économique de la Chine appelé la Route de la Soie. Ce qui explique l’intérêt que porte le gouvernement à cette région.
Nettoyage ethnique
Depuis 2009, la minorité musulmane de Xinjiang fait l’objet d’une surveillance étroite, sous prétexte du combat contre le terrorisme et l’extrémisme. Depuis plus de vingt ans, la presse musulmane a dénoncé la politique de purification ethnique à l’encontre des musulmans dans cette région.
A partir de 2014, le gouvernement chinois a démarré sa politique de de-extrémisation allant de l’interdiction aux bébés de porter certains noms musulmans, à l’interdiction d’observer le jeûne du Ramadan, en passant par d’autres actes de torture et d’endoctrinement politique.
C’est à partir de 2014 que la Chine ouvre des camps de détention au Xinjiang. Une analyse des informations disponibles a confirmé l’existence d’au moins 44 centres de détention que la Chine continue à défendre comme des centres de rééducation. Selon la BBC, un tel centre à Dabancheng pouvait contenir 130 000 personnes.
Une grande majorité de ces personnes en détention n’ont jamais été accusés d’un crime quelconque. Des données métriques, telle que l’âge, la foi, les pratiques religieuses, les contacts à l’extérieur et l’expérience à l’étranger permettent de classifier les Musulmans en trois niveaux de radicalisation. La pression est devenue insupportable durant l’année 2017 avec l’adoption de règlements anti Islam et de loi antiterrorisme.
Depuis, les Musulmans de Xinjiang font l’objet d’une surveillance à travers l’installation de points de contrôle d’identité, la surveillance par reconnaissance faciale, la confiscation de téléphones portables pour les manipuler, et la confiscation de passeports.
Dans la vie familiale comme dans la vie professionnelle les Musulmans sont surveillés. Le port de la barbe, l’observation du jeune du Ramadan, le port du foulard, sont devenus des raisons pour être persécutés. Il est devenu illégal de ne pas regarder la télévision d’État, ou de ne pas envoyer les enfants à l’école du gouvernement. Ce dernier tente aussi de promouvoir le tabagisme et la consommation de boissons alcooliques chez les Musulmans. Ces mesures sont justifiées par le prétexte de soi-disant contrôler la radicalisation des musulmans.
Une loi a aussi été adoptée visant à sinoïser (rendre chinois) les religions des croyants voyant leurs droits réduits par le régime chinois. Les écoles religieuses et les classes arabes sont bannies à Xinjiang. La pratique de l’Islam est interdite dans certaines parties de la Chine.
Depuis 2014 le gouvernement a ouvert des camps de détention ou des millions de musulmans sont envoyés pour subir un lavage de cerveau. Dans ces camps, les hommes et les femmes sont obligés d’apprendre le chinois, de chanter les louanges du président autoritaire. Les enfants sont séparés de leurs parents et envoyés dans des centres pour être décultirisés.
Depuis 2014, plus de 2 millions de musulmans ont disparu ou ne sont pas ressortis de ces camps que le gouvernement appelle des centres vocationnels, ou de rééducation. Ces camps se trouvent dans des casernes derrières de hauts murs, avec des fils barbelés et des caméras infra-rouge. Il est donc impossible d’y échapper. Les prisonniers sont forcés de chanter des chants communistes et de chanter les louanges de Xi Jinping. Ceux qui refusent se retrouvent menottes aux mains et aux pieds pendant des heures. D’autres sont mis en isolement sans nourriture et sans eau et subissent des douches froides pour les empêcher de dormir.
La fuite de milliers de photos révélait, en 2022, l’étendue des abus des chinois dans les camps de détention des Ouïgours. Des activistes ont affirmé que les autorités chinoises détenaient plus d’un million de Ouïgours dans un réseau de centres de détention. Ces documents piratés des bases de données au Xinjiang prouvaient que ces détentions étaient loin d’être volontaires, montrant des top chefs, dont le président Xi Jinping appelant au crack down forcé.
Influenceurs au service de la torture
L’autre arme de propagande utilisée par la Chine consiste en l’utilisation de centaines d’influenceurs. Dans un rapport publié en Australie, un think-tank avait identifié plus de 546 postes de réseaux sociaux contrôlés par l’état chinois et qui faisait la promotion de contenus créés par 13 influenceurs étrangers. Ces postes, couvrant la période de janvier 2020 à aout 2021, comprenaient des vidéos montrant une image positive de la vie au Xinjiang mettant en relief la nourriture et la culture, ainsi que des vidéos niant la détention en masse ou le travail forcé.
Il nous faut, de plus, déplorer la collaboration de certains pays voisins de la Chine avec celle-ci. Il convient de rappeler qu’en février dernier, la Thaïlande avait déporté 48 Ouigours vers la Chine, les exposant à la persécution et à la maltraitance. Ceux-ci faisaient partie d’un groupe de 300 qui avait réussi à fuir en 2014 et avaient été arrêtés. Certains avaient été déportés vers la Turquie et d’autres toujours incarcérés.
Malgré les critiques du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, la Chine a refusé de reconnaitre qu’elle torturait des musulmans.
De nombreux pays européens ont aussi condamné la Chine pour ces tortures. Un seul pays à majorité musulmane, la Turquie a osé demander à la Chine de fermer ces camps en décrivant cet acte comme une honte pour l’humanité. Malheureusement les autres pays musulmans n’ont pas encore suivi le pas.
Au contraire, certains pays Musulmans islamophobes participent au commerce d’organes des Ouïgours.
« Allah a fait de vous la communauté du juste milieu afin que vous soyez témoins pour l’humanité. » Surah Baqara (2), verset 143.
Qu’Allah (swt) nous aide et nous guide.
Mosadeq Sahebdin



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