Louanges à Allah (swt) et salutations au Prophète Muhammad (saw).
« Les croyants sont des frères. Établissez la concorde entre vos frères, et craignez Allah, afin qu’on vous fasse miséricorde. » Surah Hujurat (49), verset 10
Le mardi 25 août dernier, cela faisait sept ans que le peuple musulman rohingya, citoyens du Myanmar, fut contraint de quitter son propre pays pour fuir l’un des génocides les plus meurtriers de ces dix dernières années. Malgré l’indifférence générale face à la situation atroce dans laquelle ils vivaient, les jeunes Rohingyas sont montés au créneau pour dire stop à leur statut de réfugiés. Près de 300 000 enfants sont devenus des adolescents, d’autres des adultes, sans lendemains, sans avenir.
Muhammad (saw) nous rappelle : « Celui qui se lève le matin et ne se soucie pas de la Ummah, n’en fait pas partie. »
Entre-temps, les États-Unis faisaient une nouvelle démonstration de leur hypocrisie. À l’occasion du Rohingya Genocide Remembrance Day, cette semaine, ils reconnu, avec leurs alliés européens, qu’il s’agissait d’un génocide, terme qu’ils utilisent quand cela leur plaît.
Le Rohingya Genocide Remembrance Day marque le début, en août 2017, du nettoyage ethnique par le Myanmar, forçant plus de 12 millions de musulmans à s’enfuir vers le Bangladesh et massacrant 30 000 personnes.
Le 21 mars 2022, les États-Unis reconnaissaient formellement que les attaques constituaient un génocide. Ils déployaient, cette semaine, tout un arsenal de mesures : interviews de réfugiés, analyses, reportages, tout y était, pour démontrer que ces attaques étaient en violation de la Genocide Convention de 1948.
Comparez avec le traitement des victimes du génocide à Gaza, et vous comprendrez l’hypocrisie des États-Unis qui, non seulement ignorent le génocide des Palestiniens, mais arment les criminels de guerre israéliens, malgré la condamnation des Nations Unies.
« Ô vous les croyants ! Ne prenez pas pour alliés les mécréants au lieu des croyants. Voudriez-vous donner à Allah une preuve évidente contre vous ? » Surah An Nisaa (4), verset 144
Retour dans l’histoire. Ce fut en août 2017 que plus de 740 000 musulmans rohingyas furent contraints de fuir leur pays après que des militaires du régime bouddhiste du Myanmar décidèrent de les exterminer en tirant à vue et en incendiant ensuite les maisons. Ils subirent toutes sortes de tortures, les hommes durent fuir, les femmes furent violées, les enfants et les vieux massacrés. Non satisfaits de procéder à un nettoyage ethnique, les militaires pratiquaient la politique de la terre brûlée, incendiant des maisons et des plantations pour que les Rohingyas ne puissent jamais revenir sur leurs terres. Selon Human Rights Watch, 200 villages avaient été incendiés et 13 000 Rohingyas tués.
Ils sont aujourd’hui 890 000 au Bangladesh, dans une quarantaine de camps de réfugiés à Cox’s Bazar, à Kutupalong et ailleurs, 92 000 en Thaïlande, 21 000 en Inde et 102 000 en Malaisie.
Pour les jeunes et les adolescents, la vie dans ces camps, barricadés par des fils barbelés, se passe dans l’oisiveté, sans accès aux écoles, aux universités ou aux formations vocationnelles. Un sondage, en 2022, mené dans 11 camps, révèle que plus de 96 % des jeunes sont sans emploi, stressés et anxieux. La vie pour les jeunes filles et les adolescentes pose un plus grand défi. Elles passent le plus clair de leur temps entre les quatre murs de bambou de leurs cabanes surpeuplées, sans aucune possibilité de s’éduquer. Certaines sont forcées de se marier à l’âge de 18 ans, pour des raisons de sécurité.
Même dans ces camps de réfugiés, les Rohingyas ne sont pas en sécurité, faisant face à des risques de meurtres, de kidnappings et d’actes incendiaires perpétrés par des réseaux de trafic de drogue.
Le Myanmar a toujours considéré les Rohingyas comme des « Bengalis », bien que leurs familles aient vécu dans ce pays pendant des générations. Depuis 1982, ils ont été privés de leur nationalité, sous la Citizenship Law. De plus, la junte avait décrété, dans le pays, des zones Muslims-free, copiées de l’apartheid sud-africain.
En novembre 2019, la Gambie, État membre de l’Organisation de la coopération islamique (OIC), saisissait la Cour internationale de justice (ICJ) pour réclamer au Myanmar de mettre fin au génocide des musulmans rohingyas et de condamner ce pays pour violation de la Genocide Convention de 1948.
Dans son ruling rendu en janvier 2022, la Cour internationale de justice, à l’unanimité des 17 juges, condamnait le Myanmar pour avoir commis des dommages irréparables aux droits des Rohingyas. La Cour ordonnait au Myanmar de s’engager à respecter les articles 1 à 4 de la Genocide Convention. De plus, le Myanmar s’engageait à ce que l’armée ne commette aucun génocide et ne complote pas pour commettre un génocide.
Un autre aspect de la question des Rohingyas qui mérite d’être souligné est la vente d’armes au Myanmar par Israël. Dans son best-seller, The Palestine Laboratory, le journaliste Loewenstein accusait, preuves à l’appui, Israël de vendre des armes au Myanmar pour massacrer les Rohingyas. Il ajoute que la presse internationale fait rarement mention du fait que les fabricants d’armes font des profits énormes sur le nettoyage ethnique. D’autres compagnies israéliennes sont aussi engagées dans l’entraînement militaire au Myanmar.
« Ô vous les croyants ! Ne prenez pas pour alliés les juifs et les chrétiens (dont l’idéologie diffère de la vôtre) ; ils sont les alliés les uns des autres. Et celui d’entre vous qui les prend pour alliés devient un des leurs. Allah ne guide certes pas le peuple des oppresseurs. » Surah Al Maidah (5), verset 51
Depuis les deux dernières années, le génocide au Myanmar s’intensifie, cela dans l’indifférence de l’opinion internationale. Les quelque 600 000 Rohingyas qui étaient restés dans le district de Rakhine se trouvent pris entre deux feux avec la guerre qui s’est déclarée entre la junte militaire du Myanmar et l’Armée Arakhine, qui appartient à une majorité bouddhiste et affirme lutter pour leur autonomie.
Selon l’ONG britannique BROUK, le génocide s’intensifie dans une ville côtière où vivent les Rohingyas. Selon certains rapports, des gens qui recherchaient des pirogues pour traverser la rivière vers le Bangladesh pour fuir la violence auraient été bombardés. Des centaines de cadavres jonchaient les rives. Ils sont nombreux à être séparés de leurs familles, alors que d’autres craignent que des membres de leur famille qui seraient restés ne survivent pas.
Réunissant les autres éléments d’un génocide, les militaires font subir aux Rohingyas une mort lente, les privant, comme à Gaza, des ressources indispensables pour leur survie, dont la nourriture, l’eau, l’abri, les besoins sanitaires et les soins médicaux.
Médecins sans frontières a confirmé que des Rohingyas arrivaient encore au Bangladesh, pour la plupart des blessés de la guerre, avec plus de 40 % de femmes et d’enfants. Il est clair, selon MSF, que les espaces de sécurité pour les civils au Myanmar rétrécissaient.
En tant que musulmans faisant partie de la Ummah, il est de notre devoir de ne pas rester silencieux sur la situation des Rohingyas. De plus, il est de notre devoir de dénoncer l’oppression d’où qu’elle vienne ainsi que les oppresseurs, quels qu’ils soient.
Muhammad (saw) a affirmé : « Le sang d’un musulman est plus sacré que la Ka’bah et ses alentours. »
« Et jamais, Allah ne donnera une voie (pour triompher) aux mécréants contre les croyants. » Surah An Nisaa (4), verset 141
Mosadeq Sahebdin

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