[Lauréats] Un appel pressant pour qu’ils retournent au pays

Les résultats du Cambridge Higher School Certificate (HSC) 2025 ont été officiellement proclamés le mardi 10 février lors d’une conférence de presse au New Treasury Building, à Port-Louis. À cette occasion, le ministre de l’Éducation et des Ressources humaines, Mahend Gungapersad, a annoncé les noms des 49 lauréats de cette cuvée, dans un contexte marqué par un taux de réussite national de 78,98 %.

Parmi les lauréats, on compte 21 garçons et 22 filles, auxquels s’ajoutent deux récipiendaires — une fille et un garçon — distingués dans la catégorie des HSC Professional National Scholarships. L’île Rodrigues s’illustre également avec quatre lauréats, témoignant de la progression constante des performances académiques dans l’île autonome.

Les établissements publics continuent de dominer le palmarès. Le Queen Elizabeth College (QEC) établit un nouveau record avec 16 lauréats, confirmant son statut d’institution phare du pays. Les Royal Colleges de Curepipe et de Port-Louis suivent avec cinq lauréats chacun, tandis que le Dr Maurice Curé State College en compte quatre. D’autres collèges publics et confessionnels figurent également dans la liste, illustrant une diversité géographique et institutionnelle à l’échelle nationale.

À Rodrigues, trois des quatre lauréats proviennent du Rodrigues College, tandis qu’un lauréat est issu de l’Ananias André Le Chou College, dans le cadre des Rodrigues Open Scholarships. Une répartition équitable entre garçons et filles y est observée.

Le Royal College Port-Louis s’est particulièrement démarqué avec cinq lauréats issus exclusivement de la filière scientifique. La proclamation des résultats a donné lieu à une atmosphère de ferveur au sein de l’établissement, où enseignants et élèves ont partagé un moment de célébration collective. La direction du collège a salué la persévérance des élèves, notamment de ceux ayant repassé l’examen, soulignant que la réussite est souvent le fruit d’un effort soutenu sur le long terme.

Appel du Premier ministre au patriotisme

Lors de la signature de la liste officielle des lauréats, le Premier ministre Navin Ramgoolam a lancé un appel pressant aux jeunes distingués. Il les a exhortés à revenir à Maurice après leurs études à l’étranger afin de contribuer au développement national, soulignant le besoin crucial du pays en capital humain qualifié.

« Je vous demande de faire preuve de patriotisme en mettant vos connaissances au service du pays », a déclaré Navin Ramgoolam, qui s’est félicité de la progression du taux de réussite cette année.

Le Premier ministre a salué la diversité des établissements représentés parmi les lauréats, félicitant particulièrement le Queen Elizabeth College pour sa position de leader. Il a également rendu hommage au travail acharné des lauréats, ainsi qu’aux sacrifices consentis par les parents et enseignants qui ont contribué à leur succès.

Prenant la parole lors de la conférence de presse, le ministre Mahend Gungapersad a félicité l’ensemble des lauréats pour leur performance exceptionnelle. Il a rappelé que ces résultats reposent sur des valeurs de discipline, de rigueur et de détermination, tout en encourageant les jeunes boursiers à mettre leurs compétences au service du développement du pays et à devenir des modèles pour les générations futures.

Au-delà des chiffres et des distinctions, ces performances traduisent surtout des parcours marqués par l’effort et la persévérance. Quelques lauréats sont revenus pour Sunday Times sur l’émotion ressentie à l’annonce des résultats et sur les sacrifices consentis tout au long de leur parcours scolaire.

Wakeel Khan Toorabally, QEC filière arts : « Une salade d’émotions »

Wakeel Kan Toorabally confie avoir traversé un moment de doute avant l’annonce des résultats. « Après un papier de mathématiques, je pensais que j’avais perdu ma chance », raconte-t-il. Quand ses parents ont appris la nouvelle de sa distinction, cela a provoqué « une salade d’émotions », dit-il, exprimant sa gratitude « envers Dieu avant tout ». S’il dit envisager des études en psychologie, il précise toutefois que « le ciel est la limite » et qu’il préfère ne pas encore arrêter son choix. Revenant sur son parcours au QEC, il souligne l’importance du travail collectif : « C’est un collège mixte où on apprend à interagir, à travailler en groupe, et où tout le monde — enseignants comme non-enseignants — fait en sorte que ça marche comme une équipe. » Concernant sa méthode de révision, il explique s’être servi de ChatGPT comme un  plus, après avoir sollicité l’aide de ses professeurs : « J’ai demandé des critiques constructives sur mon travail, et c’est comme ça que j’ai pu construire ma progression. » Enfin, il insiste sur la persévérance : « En SC, je n’ai pas réussi à obtenir six unités, contrairement à mes camarades, mais je ne me suis pas découragé, j’ai continué de travailler, monn manz ar li ! La constance finit toujours par payer », avant de remercier de nouveau son Créateur, sa famille, ses enseignants, ses camarades et son ancien établissement, le Piton State College, pour leur soutien tout au long de son parcours.

Shazneen Mandary, QEC filière économie : « Un grand honneur et un immense bonheur »

Shazneen Mandary décrit sa distinction comme « un grand honneur » et « un immense bonheur », disant se sentir profondément reconnaissante. Pour la suite, elle envisage des études en comptabilité ou en droit, un domaine qui l’attire particulièrement : « Devenir avocate était un rêve d’enfance. L’idée d’aller au tribunal me fascinait. »

Interrogée sur l’usage de l’intelligence artificielle dans l’éducation, elle adopte une position mesurée. « On dit souvent que l’IA ne développe pas assez la créativité, et en partie c’est vrai », concède-t-elle, tout en soulignant l’aide concrète qu’elle lui a apportée dans ses apprentissages. « En mathématiques, je l’utilisais surtout pour comprendre les étapes, pas pour obtenir les réponses. » À ses yeux, la réussite repose autant sur l’état d’esprit que sur le travail : « Le mindset fait toute la différence. Il faut de la détermination. »

Shazneen Mandary affirme avoir progressé dans un climat d’encouragement plutôt que de pression. « Mes parents et mes professeurs m’ont simplement fait confiance et rappelé que j’avais le potentiel », explique-t-elle. Elle se souvient enfin avec émotion du moment de l’annonce des résultats : « On regardait la télévision quand mon nom a été prononcé. Ma famille a fondu en larmes. Je ne m’attendais pas à une réaction aussi forte. »

Zahraa Aaliyah Hersoo, QEC filière science : « Le parcours est plus facile quand on est bien entouré »

Zahraa Aaliyah Hersoo confie avoir vécu l’annonce des résultats avec étonnement. « Je ne m’y attendais pas vraiment. J’ai entendu mon nom pendant la proclamation et j’ai été surprise », raconte-t-elle, évoquant un moment chargé d’émotion. « Je n’ai pas réalisé tout de suite, puis j’ai entendu mes parents crier, après avoir été très stressés », ajoute-t-elle.

Revenant sur sa préparation au HSC, elle souligne l’importance d’un travail régulier sur la durée. « Pendant deux ans, j’ai pris des leçons, mes professeurs m’ont beaucoup aidée, et il y avait aussi le travail personnel à la maison », explique-t-elle. Pour la suite, Zahraa Aaliyah Hersoo envisage des études de médecine à l’étranger. « J’aimerais revenir travailler dans mon pays », précise-t-elle.

Sur la question de l’intelligence artificielle, elle adopte une approche prudente. « Je ne m’en suis pas trop servie. C’est une ressource incontestable, mais il faut savoir l’utiliser et surtout ne pas en devenir dépendant », estime-t-elle. Enfin, elle adresse un message aux futurs candidats : « Il faut donner son maximum et ne pas penser qu’on a des limites. Le parcours est plus facile quand on est bien entouré », avant d’exprimer sa reconnaissance envers ses parents, son frère et l’ensemble de ses enseignants.

Umar Nabeebaccus, RCPL filière scientifique : « Un moment de joie qu’on ne peut pas exprimer »

Umar Nabeebaccus se souvient d’une matinée marquée par une forte attente. « Il y avait beaucoup de suspense, et quand j’ai entendu le septième nom, le mien, j’ai vraiment été soulagé », confie-t-il. Il évoque « un moment de joie qu’on ne peut pas exprimer », partagé avec ses parents, « extrêmement soulagés également et contents » à l’annonce de sa distinction.

Pour la suite, il projette de poursuivre des études de génie mécanique à l’étranger, avec la volonté de revenir ensuite à Maurice. « Il faut obtenir de bons résultats pour avoir un bon travail », souligne-t-il. Sur la question de la technologie, il estime que les jeunes doivent tirer parti des outils modernes sans en devenir dépendants. « L’intelligence artificielle peut être utile, mais il ne faut pas laisser la technologie dicter notre façon de travailler », affirme-t-il.

Revenant sur son parcours, Umar Nabeebaccus met en avant la valeur de la persévérance. « Peu importe l’école où l’on est, il faut travailler dur et ne pas laisser passer les opportunités », insiste-t-il. Il rappelle avoir fait le choix difficile de redoubler et de repasser le HSC après une première tentative conclue par un classement à la 22ᵉ place. « Ça n’a pas été facile », admet-il, avant d’exprimer sa gratitude envers ses professeurs pour leur soutien constant, ainsi qu’envers ses parents.

Leshna Devi Surju, QEC filière économie : « J’ai beaucoup pleuré »

Leshna Devi Surju évoque une attente des résultats particulièrement éprouvante sur le plan émotionnel. « On stressait beaucoup. Ma maman faisait la prière, mon papa et moi attendions dans le salon, et j’ai commencé à pleurer », raconte-t-elle, soulignant la confiance que lui témoignait son père. À l’annonce de son nom, l’émotion a été immédiate. « Je n’étais même pas sûre d’avoir bien entendu. J’ai beaucoup pleuré », confie-t-elle, disant se sentir « très reconnaissante ». Elle ajoute que ses parents étaient « très émus et très fiers », rappelant que « c’était un rêve pour mon papa que je sois lauréate ».

Revenant sur sa préparation, Leshna Devi Surju explique avoir utilisé l’intelligence artificielle comme un outil d’accompagnement. « Je m’en suis servie pour avoir de l’inspiration, pas pour copier », précise-t-elle, estimant que cet outil peut être bénéfique « à condition de l’utiliser de manière éthique ». Elle reconnaît par ailleurs que son parcours n’a pas été linéaire. « Il y a eu des hauts et des bas, mais j’ai toujours cru en mon potentiel », affirme-t-elle, tout en remerciant ses professeurs pour leur soutien.

Pour elle, le HSC représente bien plus qu’un examen. « C’est un passeport pour la vie, ça servira partout », souligne-t-elle, encourageant les élèves à s’investir pleinement afin de « ne pas avoir de regrets ». Elle insiste toutefois sur la nécessité de trouver un juste milieu : « Il faut un équilibre. La semaine, je travaillais, et le dimanche, je sortais. » Un message qu’elle conclut par un appel à la modération : « Il ne faut pas se mettre trop de pression, au risque d’affecter sa santé mentale. »

Emmy Julia Lee Foong Fa Onsiong, RCPL filière science : « Tout est une question de constance »

Emmy Julia Lee Foong Fa Onsiong confie avoir vécu l’annonce de sa distinction avec une vive émotion. « Quand j’ai entendu que j’étais lauréate, j’ai commencé à pleurer, ma maman aussi », raconte-t-elle. Elle dit avoir été d’autant plus surprise qu’elle ne s’attendait pas à une telle reconnaissance. « Je ne pensais vraiment pas être la première fille lauréate du collège. Ça a été une vraie surprise », ajoute-t-elle.

Revenant sur sa préparation aux examens, elle souligne l’importance de la régularité. « Les révisions se sont bien passées, tout est une question de constance », affirme-t-elle. Elle évoque également positivement son expérience dans un environnement mixte. « J’ai beaucoup apprécié la mixité, ainsi que le soutien et le respect des garçons », indique-t-elle, estimant que cet esprit de collaboration a contribué à son parcours et à sa réussite.

Muhammad Altaaf Azfar Hussein Paraouty, James Burty David SSS filière économie : « Une immense joie et une grande fierté »

Muhammad Altaaf Azfar Hussein Paraouty reconnaît ne pas avoir envisagé une telle distinction, évoquant un début d’année scolaire difficile. « Mon premier trimestre n’était pas bon du tout », admet-il. L’annonce de son nom à la radio a donc provoqué une émotion intense. « J’ai ressenti une immense joie et une grande fierté », confie-t-il, soulignant que cette réussite dépasse le cadre personnel et représente aussi « une fierté pour l’école et pour la famille ».

Très attaché à sa foi, le jeune lauréat estime que celle-ci a joué un rôle central dans son parcours. « Sans la permission d’Allah, rien n’est possible », affirme-t-il, tout en insistant sur l’importance du travail fourni. Il rappelle que son engagement scolaire s’est renforcé tardivement, mais de manière déterminée. « Ce n’est que l’année dernière que j’ai vraiment commencé à être sérieux », explique-t-il, voyant dans son parcours la preuve que « tout est possible ». Pour sa préparation, il dit avoir bénéficié du soutien de ses enseignants, d’un travail personnel soutenu et de l’apport des outils numériques. « J’ai beaucoup sollicité mes professeurs », indique-t-il, ajoutant que l’intelligence artificielle lui a servi de ressource complémentaire.