[Le nouveau Premier ministre donne le ton] Début de l’opération « nettoyé met propre »

Tout comme ces nouveaux élus de l’Alliance du Changement qui se sont mis à nettoyer leurs circonscriptions en enlevant les banderoles et autres oriflammes placés dans des lieux publics, le Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam s’est aussi déjà mis au travail. Alors qu’il s’attarde sur la constitution de son cabinet ministériel, en consultation avec ses partenaires Paul Bérénger, Richard Duval et Ashok Subron, il s’active parallèlement à lessiver les institutions. Le premier pas dans cette direction : assurer que ceux nommés à des postes clés sous l’ancien régime Jugnauth prennent la porte de sortie et de donner un coup de karcher au sein de ces organismes avant que le véritable travail ne commence.

Ainsi, certains, et non des moindres, ont déjà soumis leurs démissions. Parmi les plus attendues, on retrouve celles de Zouberr Joomaye, Ken Arian, et Navin Beekarry, entre autres. Ces derniers sont considérés comme faisant partie de Lakwizinn dirigée par Kobita Jugnauth. Ils se retrouvaient ainsi dans toutes les sauces. Un autre membre de ce gouvernement parallèle dont les ficelles étaient tirées par l’épouse du Premier ministre n’est autre qu’Anooj Ramsurrun, ancien directeur général de la MBC. En tant que bon opportuniste, ce dernier s’était contenté de prendre un congé, en attendant que son contrat soit résilié par le nouveau Secrétaire au Cabinet, Suresh Seebaluck. Ce qui lui a permis de jouir de certains privilèges auxquels il n’aurait pas eu droit s’il avait démissionné. Mais certains estiment qu’il ne se sortira pas d’affaire si facilement.

Aux Casernes centrales, celui qui s’agrippait férocement à son poste de Commissaire de police, malgré les révélations fracassantes de Missier Moustass sur la mort suspecte de Jacquelin Steve Juliette et les faveurs accordées à son fils, Anil Kumar Dip a été parmi les premiers à plier bagage. Il a été remplacé, mercredi soir, par Ramparsad Sooroojbally. Avec cette nouvelle arrivée, un vent de changement souffle déjà sur les Casernes centrales. Proactif, le nouveau CP s’est aussitôt mis au travail et la ‘Special Striking Team’ (SST), mise en place par le précédent gouvernement pour nuire et harceler ses opposants, a été démantelée. Le très controversé SP Ashik Jagaï a ainsi été parachuté à la division de Moka alors que les autres officiers de cette unité ont été transférés ailleurs, dans divers postes de police. Cette purge ne s’arrêtera pas là. Dans les milieux concernés, on évoque déjà des enquêtes sur des possibles cas de corruption et d’abus, d’autant que le Dr Navin Ramgoolam a été clair à ce sujet : ceux qui ont fauté seront sanctionnés.

Conformément à l’une des priorités phares du nouveau gouvernement de l’Alliance du Changement de stabiliser la valeur de la roupie et de contrôler le pouvoir d’achat et le coût de la vie, Navin Ramgoolam a pris les devants dès vendredi pour honorer cette promesse électorale. La nomination de Rama Sithanen comme Gouverneur de la Banque de Maurice va ainsi dans cette direction. Il est considéré comme « the right man in the right place », ayant pu éviter que Maurice ne soit la proie de la récession mondiale post-2005 alors qu’il était ministre des Finances. La BoM, rappelons-le, a été outrancièrement politisée sous le précédent gouvernement, d’autant que ses réserves ont servi d’ATM aux dirigeants d’alors. Rama Sithanen aura ainsi la rude tâche, parmi tant d’autres, d’y remettre de l’ordre et de redonner ses lettres de noblesse à cette institution. Sans compter qu’il devra freiner la dépréciation de la roupie qui a un impact sur le pouvoir d’achat et le coût de la vie qui pèsent comme une épée de Damoclès sur la tête des Mauriciens. D’autant qu’une telle démarche ne peut se faire du jour au lendemain. La politique monétaire et la MIC seront aussi parmi les priorités sur lesquelles le nouveau Gouverneur de la BoM devra se pencher.

 Avec la constitution du cabinet ministériel et la prestation de serment des nouveaux élus cette semaine, les choses devront s’accélérer. Le vœu du changement exprimé par la population le 10 novembre dernier ne restera pas vain, promet-on. Même si tout ne pourra être fait du jour au lendemain, le Premier ministre donne la garantie que son gouvernement honorera toutes ses promesses. Désormais, c’est un nouveau chantier qui s’ouvre à nous : celui de la reconstruction du pays sur tous les plans.

Silence assourdissant du MSM

Silence radio du côté du MSM depuis la lourde défaite de l’alliance qu’il menait aux derniers scrutins. Personne ne s’est manifesté jusqu’à maintenant pour faire le post mortem de sa débâcle. Même si Pravind Jugnauth a reconnu sa « grande défaite » alors que le comptage des voix n’avait même pas encore commencé dans divers centres de dépouillement, d’autres, généralement très vociférant, semblent avoir subitement perdu leurs langues.