[Lutte contre la drogue dans les faubourgs de la capitale] Les autorités accentuent la pression sur le terrain

Opérations conjointes, saisies et présence renforcée aux points de vente : la lutte contre le trafic de drogue se poursuit dans certains quartiers dits « chauds » de la capitale. Cette action policière relève aussi d’une démarche de proximité portée par le député Eshan Juman, avec les autorités et les acteurs sociaux.

À l’arrivée de l’ADSU, les rues se vident et les activités aux points de vente ralentissent, voire s’arrêtent. Jeudi 1er octobre, plusieurs équipes de la brigade antidrogue, épaulées par la « Special Mobile Force » (SMF) et la « Special Support Unit » (SSU), ont investi plusieurs secteurs de la capitale, notamment Parc Coson, Karo Kalyptis et La Grotte. Selon la police, leur présence a perturbé le fonctionnement de plusieurs points de vente habituels.

Les interventions des 30 septembre et 1er octobre ont ainsi interrompu les activités de vente pendant plusieurs heures. Sur place, les unités ont maintenu la pression. Une manière d’occuper le terrain et de compliquer les opérations des réseaux.

Cette mobilisation se traduit aussi par des saisies. À Roche-Bois, le 25 septembre, une opération réunissant l’ADSU, le « Special Response Group » (SRG) et la SSU a permis de découvrir notamment 225 feuilles d’aluminium contenant une substance soupçonnée d’être de l’héroïne. Le 30 septembre, à Batterie-Cassée, une autre perquisition a conduit à la saisie de substances soupçonnées d’être des cannabinoïdes synthétiques, d’une valeur marchande estimée à Rs 3,65 millions. Des suspects ont été arrêtés et les enquêtes se poursuivent.

Le défi reste toutefois considérable. Selon les enquêteurs, des guetteurs surveilleraient les déplacements policiers pour alerter les trafiquants. Des rues qui se vident ne signifient donc pas que le trafic a disparu. Elles montrent aussi des réseaux qui cherchent à éviter les interventions. D’où la nécessité de maintenir l’effort et de poursuivre les investigations.

Dans ces quartiers, le combat se joue également auprès des habitants. Derrière les points de vente, il y a des familles éprouvées par la dépendance, des enfants qui ne vont plus à l’école et des personnes qui ont besoin d’aide pour s’en sortir.

L’initiative du député du gouvernement Eshan Juman a donc été déterminante. Dans une déclaration à Sunday Times, il évoque plusieurs semaines de travail avec le commissaire de police, les différents départements de la police, la NADC, les ONG et la société civile. Les échanges se sont tenus au bureau du commissaire, au siège de l’Église de Roche-Bois et sur le terrain, avec les officiers. « Nous avons pris le temps de parler avec les toxicomanes, de rencontrer les enfants absents de l’école et de comprendre les réalités auxquelles nos communautés sont confrontées », explique-t-il.

Cette démarche donne une place à l’écoute dans une lutte où l’intervention policière demeure essentielle. Elle permet de rapprocher ceux qui combattent le trafic et ceux qui accompagnent les personnes qu’il fragilise. « Il faut aussi écouter, accompagner, aider et donner une seconde chance à ceux qui en ont besoin », souligne Eshan Juman, qui salue l’engagement du commissaire et des officiers, ainsi que la confiance des habitants.

L’intérêt de cette mobilisation tient au travail d’équipe : des unités policières qui coordonnent leurs interventions, un élu qui rassemble les interlocuteurs et des acteurs sociaux qui apportent leur connaissance du terrain. Chacun a un rôle à jouer pour que la pression sur les trafiquants s’accompagne d’un soutien aux personnes dépendantes.

Les autorités agissent. L’enjeu est désormais de tenir dans la durée, pour que les quartiers retrouvent leur tranquillité et que ceux qui cherchent à sortir de la drogue trouvent une aide concrète.