[Lutte contre les drogues synthétiques] La NADC intensifie ses efforts pour protéger la jeunesse mauricienne

La prolifération des drogues synthétiques à Maurice suscite une vive inquiétude. Pour y faire face, la National Agency for Drug Control (NADC) a organisé, ce jeudi 1er août 2025, un workshop d’une journée au Gold Crest Hotel à Quatre-Bornes. Objectif : dresser un état des lieux de la situation actuelle et définir une feuille de route nationale afin de lutter efficacement contre ce fléau grandissant.

La cérémonie d’ouverture a été marquée par l’intervention de Kan Oye Fong Weng-Poorun, Secretary for Home Affairs au bureau du Premier ministre. Elle a lancé un appel fort à une mobilisation collective face à ce phénomène qui, selon elle, menace directement la jeunesse, le tissu social et le système de santé du pays. « Les drogues synthétiques, peu coûteuses et difficiles à détecter, se répandent rapidement à travers Maurice, en particulier via les plateformes en ligne et les routes maritimes. Il est impératif d’agir avec urgence et détermination », a-t-elle souligné. Elle a rappelé que la lutte contre la drogue figure parmi les priorités du Government Programme 20252029.

Kan Oye Fong Weng-Poorun a insisté sur le fait que la répression, bien que nécessaire, ne peut à elle seule endiguer le phénomène. Elle a ainsi plaidé pour une approche intégrée impliquant les forces de l’ordre, les services de santé, les ONG, les acteurs communautaires, et les partenaires internationaux, notamment les Nations unies et l’UNODC, qui accompagnent Maurice avec leur expertise technique.

Le président de la NADC, Samioullah Lauthan, a, de son côté, souligné la complexité du problème : « Aucun pays n’a encore réussi à éliminer complètement les drogues synthétiques, malgré des législations sévères. » Il a présenté les axes d’intervention de la NADC, qui s’appuiera sur des divisions spécialisées en recherche, prévention primaire, traitement, réduction des risques et contrôle de l’offre. Il a aussi évoqué un renforcement des actions en milieu carcéral afin de réduire les rechutes et rompre le cycle de récidive.

Mithulina Chatterjee, cheffe du bureau de coordination des Nations unies pour Maurice et les Seychelles, a mis en garde contre la présence de substances particulièrement dangereuses comme les nitazines, déjà détectées dans le pays. Elle a insisté sur la nécessité d’un meilleur système d’alerte précoce, d’un renforcement de la coordination entre les secteurs, et d’une réponse centrée sur l’humain, axée sur la prévention chez les jeunes, l’accès aux traitements et la réduction de la stigmatisation.

Alors que le phénomène prend de l’ampleur, les acteurs présents ont unanimement reconnu que seule une stratégie nationale fondée sur la science, la solidarité et l’engagement communautaire permettra de préserver l’avenir des jeunes Mauriciens face à cette menace insidieuse.