[Malaise au sein du MSM] Entre démissions, scandales et défiance

Le jeudi 9 octobre 2025, Sudheer Maudhoo, ancien ministre de l’Économie bleue, des Ressources marines et de la Pêche, a officiellement présenté sa lettre de démission du Mouvement Socialiste Mauricien (MSM), avec effet immédiat. Il abandonne ainsi toutes ses fonctions et responsabilités au sein du parti.

Cette démission survient dans un contexte déjà délicat pour le MSM, marqué par une restructuration annoncée à la suite de sa défaite électorale de novembre 2024. Bien que Maudhoo affirme que sa décision est motivée par des raisons personnelles, nombre d’observateurs y voient le reflet d’un malaise plus profond au sein de la formation politique.

Quelques jours plus tard, c’est Kalpana Koonjoo-Shah, ancienne ministre de l’Égalité des genres, qui a également présenté sa démission du MSM, après avoir été citée dans une affaire de vol. Cette affaire, encore en cours d’instruction, a suscité un tollé au sein de l’opinion, fragilisant davantage un parti déjà en pleine tourmente. La direction du MSM n’a pour l’instant pas officiellement commenté cette nouvelle défection.

De plus en plus de voix s’élèvent pour souligner l’affaiblissement du leadership de Pravind Jugnauth, resté à la tête du MSM malgré les turbulences, et dont l’autorité semble désormais fragilisée par une série de scandales, tant internes qu’externes.

Pravind Jugnauth, ancien Premier ministre, a été arrêté en février 2025 dans le cadre d’une enquête pour soupçons de blanchiment d’argent. Des perquisitions ont mené à la saisie d’environ Rs 114 millions en liquide, ainsi que des montres de luxe et d’autres biens de valeur.

Il a été libéré sous caution le 16 février 2025 après avoir versé deux cautions de Rs 750 000 chacune, ainsi qu’une reconnaissance de dette de Rs 5 millions. Il est également soumis à plusieurs conditions : interdiction de commenter publiquement l’affaire et obligation de résider à une adresse fixe.

Ce dossier très médiatisé a porté un sérieux coup à l’image du MSM, déjà mise à mal par une série de révélations post-électorales pointant de graves irrégularités dans la gestion des finances publiques durant le dernier mandat du parti au pouvoir.

Le MSM souffre également d’une perte de crédibilité croissante dans l’opinion publique. Le scandale des “Missie Moustass leaks”, survenu peu avant les élections, ainsi que la suspension temporaire des réseaux sociaux lors du scrutin de novembre 2024, ont suscité un vif mécontentement et des accusations d’atteinte à la liberté d’expression.

La démission de Sudheer Maudhoo, suivie de celle de Kalpana Koonjoo-Shah, dépasse le simple cadre de retraits personnels : elles symbolisent un climat de défiance généralisée au sein du MSM et mettent en lumière la nécessité urgente d’un renouvellement en profondeur.

L’affaire judiciaire entourant Pravind Jugnauth vient alourdir une atmosphère déjà tendue, accentuant la perception d’un parti en perte de repères, miné par les controverses et incapable, pour l’heure, de se projeter clairement dans l’avenir.

De nouvelles démissions pourraient survenir dans les prochains jours.