[Meurtre de Prageena Jootun] Une reconstitution sous haute tension à Les-Salines

C’est dans une atmosphère lourde de douleur et de colère que la reconstitution des faits a eu lieu mercredi 10 juin à Les-Salines, trois jours après la mort de Prageena Jootun, jeune femme de 23 ans tuée vendredi dernier. Le suspect, Mavin Changia, 29 ans, présenté comme son ex-compagnon, a été escorté par un imposant dispositif policier — dont des éléments de la Special Support Unit — sur les différents sites liés au drame. À son passage, des habitants et des proches de la victime, encore sous le choc, ont vivement manifesté leur indignation.

Renuka, la mère de Prageena, a retracé les heures qui ont précédé la découverte du corps. Prévenue par une amie de sa fille alors qu’elle travaillait, elle explique n’avoir pu obtenir aucune nouvelle directe de Prageena. Le suspect lui aurait simplement indiqué que la jeune femme dormait. Après être rentrée chez elle et ne l’y ayant pas trouvée, elle s’est rendue au domicile de Mavin Changia. Les policiers ont dû intervenir pour accéder aux lieux. C’est là qu’elle a découvert sa fille baignant dans son sang — une scène qu’elle dit ne jamais pouvoir oublier.

L’autopsie a révélé que la victime, aussi connue sous le prénom de Sneha, avait subi 22 blessures par arme blanche. Après les faits, le suspect aurait quitté les lieux avant d’être localisé et interpellé dans un terrain en friche de la région. Lors de son interrogatoire, il aurait reconnu les faits, évoquant une dispute qui aurait dégénéré.

Le député de la circonscription no 1 et Junior Minister de l’Agriculture, Fabrice David, a tenu à préciser qu’il se trouvait sur place avant tout en tant qu’ami de la famille. « Avant d’être membre du gouvernement ou député, je suis d’abord un ami de Renuka, de Sneha, de ses deux frères et de son père », a-t-il déclaré, se disant « extrêmement choqué et bouleversé » par ce qui s’est produit dans sa circonscription. Saluant la reconstitution comme une étape importante de l’enquête, il a appelé à ce que justice soit rendue — non seulement pour Prageena et sa famille, mais pour que de tels actes ne se reproduisent plus. « Renuka réclame justice : c’est le cri du cœur d’une mère qui a perdu sa fille unique. Avec la famille Jootun, je demande la justice pour Sneha, la justice pour que l’on ne revoit plus un tel acte de barbarie — et je pèse mes mots », a-t-il conclu.