[Nomination des Senior Counsel] Une réforme née d’une crise de confiance

Lors de son intervention à l’Assemblée nationale ce vendredi 10 octobre 2025, le Premier ministre a vivement défendu le Senior Counsel and Senior Attorney Bill, affirmant que la réforme vise à « rétablir la clarté et la confiance » après les polémiques suscitées par les nominations de Senior Counsel plus tôt cette année.

Il a rappelé que la situation de blocage actuelle trouve son origine dans la décision du président de la République d’écarter deux noms sur les 33 proposés par la magistrature — une décision prise, selon lui, pour protéger « la réputation du pays » alors qu’une enquête était en cours sur les deux personnes concernées.

Face aux accusations de « politisation » et d’atteinte à l’indépendance judiciaire, le chef du gouvernement a rejeté toute tentative de « déformer la réalité ». Il a insisté sur le fait que la nomination des Senior Counsel n’a jamais été une prérogative exclusive du pouvoir judiciaire, mais bien « le fruit d’une collaboration entre la magistrature et l’exécutif ».

Le projet de loi prévoit notamment d’augmenter la représentation de la magistrature au sein du panel de recommandation, présidé par le Chief Justice, tout en maintenant la participation de l’Attorney General et des représentants de la profession légale. « Cette réforme remplace l’ambiguïté par la transparence », a-t-il martelé, soulignant qu’elle « préserve la voix prépondérante de la magistrature au stade des recommandations ».

Enfin, le Premier ministre a assuré que cette initiative s’inscrit dans une modernisation plus large du système judiciaire, comprenant des investissements dans les infrastructures, les technologies et l’aide légale. « Ce n’est pas une question de pouvoir, mais de responsabilité institutionnelle », a-t-il déclaré, appelant les parlementaires à voter la loi pour « mettre fin à la confusion » et « renforcer la confiance dans nos institutions ».