Parfum de fin de règne

Ça sent la fin de règne pour le gouvernement de Pravind Jugnauth. Le deuxième mandat du MSM et de ses alliés semble toucher à sa fin, et il ne se termine pas sans controverse. En effet, plusieurs scandales sont venus ternir l’image du gouvernement, laissant présager un changement imminent sur la scène politique mauricienne.

L’un des scandales les plus médiatisés concerne les voitures du Commissaire de police, Dip, et du directeur de la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC), Anooj Ramsurrun. Ces véhicules, au cœur des accusations ont suscité une vive indignation parmi la population, renforçant le sentiment de méfiance envers les institutions publiques.

Par ailleurs, le ministre-notaire Kavy Ramano est également impliqué dans des affaires qui viennent alourdir le bilan déjà critiqué du gouvernement Jugnauth. Les révélations, cette semaine de Bruneau Laurette, activiste bien connu, ont ajouté de l’huile sur le feu. Ce dernier a mis en lumière des transactions suspectes, incluant des chèques tirés au nom du ministre, accentuant ainsi les soupçons de malversations financières au sein de l’exécutif.

Toujours au chapitre des transaction immobilières, le nom et le profil du ministre de l’Environnement figurent dans la documentation Dubai Unlocked, une enquête internationale sur les propriétaires de biens immobiliers à Dubaï. Le profil de Kavy Ramano y figure, l’enquête ayant identifié un appartement au coût de USD 251 600, soit presque Rs 11,6 millions, à Noora Residence 1, situé au Jumeirah Village, au nom du ministre de l’Environnement qui, avant ses fonctions ministérielles, exerçait en tant que notaire.

Autre affaire qui a mis le député de la circonscription de Belle-Rose/Quatre Bornes (No 18) au-devant de la scène est l’arrestation d’un employé du ministère de l’Environnement, jugé proche du ministre Kavy Ramano (mais aussi de Tania Diolle), avec 505 grammes de cannabis en sa possession, d’une valeur de Rs 606 000 et prêts à être revendus. Alors que Pravind Jugnauth dit être en train de « cass lerein trafikan » et voudra faire une bonne percée dans les villes, les affaires Ramano viennent au mauvais moment. Le glas a-t-il sonné ?

Ces scandales s’ajoutent à une série de controverses qui ont jalonné le mandat de Pravind Jugnauth, fragilisant considérablement sa position. La confiance du public est ébranlée, et l’opposition ne manque pas de tirer parti de ces failles pour renforcer sa campagne.

La situation est d’autant plus préoccupante que ces affaires touchent des figures centrales du gouvernement et des institutions clés du pays, accentuant le sentiment d’impunité et de manque de transparence. Les citoyens, lassés par ces scandales à répétition, réclament un changement radical et une gouvernance plus intègre.

Le mandat de Pravind Jugnauth, marqué par ces multiples affaires, risque de se conclure sous le signe de la désillusion et de la contestation. La population mauricienne attend avec impatience une nouvelle ère politique, synonyme d’intégrité et de justice.