Pazhany Rangasamy : « Il faut créer un environnement plus sûr et protecteur pour les femmes »

Agression contre les femmes

La violence domestique, le viol et le harcèlement sexuel restent des défis persistants dans notre pays, bien qu’ils soient considérés comme des délits punissables. Chaque jour, de nombreuses femmes sont victimes de violence conjugale. Pas plus que dans la soirée de ce mardi une femme a été violemment agressé à la tête par son époux a vallée Pitot Face à cette réalité, il est temps de trouver des solutions pour les protéger. Dans le rapport publié par le ‘Bureau of Democracy, Human Rights, & Labor’ des États-Unis, des lacunes concernant les enquêtes et les responsabilités dans les cas de violence à l’égard des femmes ont été mises en évidence.

L’avoué Pazhany Rangasamy, qui a rencontré de nombreuses femmes victimes de violences domestiques et sexuelles, est d’avis que le problème majeur de la violence conjugale réside dans le manque de communication et de compréhension au sein des couples. De nos jours, la plupart sont actifs professionnellement, et disposent de peu de temps libre pour communiquer et se connaître davantage. Certains partenaires masculins continuent de considérer les femmes comme leurs servantes, s’attendant à ce qu’elles assument toutes les tâches ménagères, préparent les repas, s’occupent des enfants, gèrent les finances familiales et prennent soin de leur époux. Cette violence domestique a un impact psychologique sur les enfants qui, témoins du comportement abusif de leur père, se retrouvent vulnérables et impuissants à protéger leur mère.

« La technologie joue également un rôle clé dans l’augmentation de la violence domestique de nos jours, car de nombreux couples passent la plupart de leur temps libre sur leur ordinateur ou leur téléphone portable. Malheureusement, une utilisation abusive de la technologie conduit à une augmentation des cas d’adultère, d’abus sexuels et de divorces », explique-t-il.

D’après l’avoué, à Maurice, les victimes de violence domestique rencontrent souvent d’énormes difficultés ou traumatismes lorsqu’elles signalent leur situation aux autorités locales, y compris à la police. Certaines victimes se voient conseiller de chercher une réconciliation, plutôt que de porter plainte contre leur partenaire. Elles sont également dissuadées par la perspective d’avoir à témoigner publiquement de leur vie intime, ce qui peut aboutir à des affaires de divorce. Certaines femmes ne sont pas bien informées sur quand, où et comment aborder le problème de la violence familiale, et vont parfois frapper à la mauvaise porte, au lieu de saisir les services d’un avoué ou d’un avocat.

Pazhany Rangasamy n’est pas convaincu du fait que la simple sévérité de la loi réduira automatiquement le nombre de cas de violence domestique dans le pays. Il estime que le gouvernement doit s’attaquer sérieusement aux causes de la violence domestique et des divorces, et propose que la loi sur le divorce et la séparation judiciaire soit amendée pour que les affaires matrimoniales soient partiellement traitées par la cour de médiation. Selon lui, les parties en instance de divorce ou de garde des enfants pourraient être entendues devant un juge de la Cour suprême en présence d’un psychologue, de conseillers juridiques, d’un représentant religieux et d’un membre de la société civile. De nombreux cas matrimoniaux pourraient ainsi être réglés et éviter une rupture, mais cela nécessiterait une approche collaborative de la part des couples.

« Je propose de réintroduire l’éducation sexuelle, ‘sexual education’, dans le programme scolaire de l’école primaire, et d’organiser des ateliers pour les candidats au mariage, au moment de leur demande auprès du bureau de l’état civil, et suggère également de diffuser des programmes de sensibilisation sur ce sujet à la télévision nationale et sur les radios privées », dit-il.

« En mettant en œuvre ces propositions et en travaillant collectivement, il pourrait être possible de créer un environnement plus sûr et protecteur pour les femmes, et de lutter contre la violence domestique et sexuelle qui persiste dans notre société », ajoute-t-il en guise de conclusion.