[Port du hijab au travail] Le Sunniy ‘Ulamâ and Aïmmah Council interpelle les autorités

Le Sunniy ‘Ulamâ and Aïmmah Council (SUAC) a adressé deux courriers distincts, datés du 31 juillet 2025, à l’Attorney General Gavin Glover et au ministre du Travail Reza Uteem, concernant le licenciement de deux employées musulmanes par le cabinet d’avocats ENS Africa. Ces lettres expriment l’inquiétude de la communauté musulmane face à ce qu’elle considère comme une atteinte à la liberté religieuse.

Dans sa correspondance au ministre du Travail, le Conseil salue le fait que le gouvernement ait exprimé sa préoccupation lors du Conseil des ministres du 25 juillet. Il appelle toutefois à des actions concrètes : une révision approfondie des règlements internes des entreprises privées, afin d’éliminer toute disposition restreignant la liberté religieuse, ainsi que des sanctions contre ENS Africa pour ce qu’il qualifie d’actions « illégales ».

Parallèlement, dans sa lettre à l’Attorney General, le Conseil insiste sur la nécessité de revoir les lois du travail et d’y apporter les amendements nécessaires pour garantir que plus aucun salarié ne soit renvoyé en raison de ses convictions religieuses.

Conseil des ministres du 25 juillet : Un signal fort en faveur de la liberté religieuse

Pour rappel, lors du Conseil des ministres du vendredi 25 juillet, le gouvernement a exprimé sa vive préoccupation face au licenciement des deux employées voilées et a annoncé avoir saisi l’Employment Relations Tribunal. Il envisage également des amendements législatifs pour prévenir de telles discriminations à l’avenir. Une prise de position claire qui réaffirme l’attachement du gouvernement aux principes de liberté religieuse et d’inclusion.

Transparence demandée autour du don saoudien

Dans un autre courrier adressé cette fois au ministre des Affaires étrangères, Ritish Ramful, le 21 juillet 2025, le SUAC exprime sa satisfaction après l’approbation, par le Conseil des ministres, d’un protocole d’accord (MoU) avec l’Arabie saoudite concernant un don de $ 6 millions. Il recommande que le MoU précise clairement que les fonds sont destinés aux « organismes religieux musulmans » et qu’ils soient versés au WAQF Board, l’organisme légal chargé de l’enregistrement des mosquées à Maurice. Il insiste également pour que l’accord soit rendu public dans un souci de transparence. Le Conseil remercie enfin le ministre Ramful et le Premier ministre pour avoir facilité cette initiative.