Pourquoi l’islamophobie pose-t-elle problème?

 

On observe depuis une dizaine d’années une montée de l’islamophobie en France et plus généralement dans les pays occidentaux. La semaine dernière j’ai eu l’occasion de converser avec une sœur mauricienne  que je prénommerai Saida qui a dû quitter la France en 1994 pour la Grande Bretagne après 20 ans pour cause d’islamophobie mais depuis heureuse maman, femme au foyer et grand-mère et comme elle, je suppose que beaucoup ont dû passer par cette épreuve. La question est de savoir pourquoi la psychologie et la politique européennes manifestent tant de haine envers l’Islam et les musulmans.

Il est très difficile pour un homme et une femme, aussi cultivés soient-ils, de se défaire de leur passé. Le monde croisé n’est pas parvenu à tolérer l’Islam, et ce depuis que ce dernier est apparu. Ils l’ont affrontée au cours de longues guerres, auxquelles ont participé tous les peuples d’Europe et dont les campagnes se succédèrent pendant un certain temps. Si ces guerres ne sont pas venues à bout de l’Islam, leurs sanglantes séquelles ont bel et bien sédimenté dans les consciences croisées et se sont fondues dans les esprits au point de devenir de douloureux souvenirs qui consument les âmes.

Ces dernières années, l’islamophobie a été alimentée par les craintes publiques liées à l’immigration et l’insertion des minorités musulmanes au sein des cultures prédominantes en Europe. Ces tensions ont été exacerbées par les conséquences de la crise économique de 2007 et la montée des mouvements nationalistes populistes. Elles ont également été amplifiées par les attentats perpétrés par des extrémistes musulmans.

Les attaques du 11 septembre ont radicalement changé l’opinion publique à l’égard des musulmans. Depuis, les attaques terroristes telles que celles perpétrées par des djihadistes à Londres et Madrid et le massacre des journalistes de Charlie Hebdo à Paris ont attisé la peur et l’anxiété. Le fait que les extrémistes fassent référence à l’Islam pour justifier leurs actes terroristes a conduit de nombreux européens à considérer l’islam comme une menace, et les musulmans comme des ennemis. Depuis 2001, certains médias européens ont sombré dans les stéréotypes et utilisé les actes des islamistes pour stigmatiser les populations musulmanes. Il est à craindre que ces stéréotypes et généralisations incitent les gouvernements Européens à adopter des mesures contre le terrorisme qui restreignent les libertés de tous et ont un impact négatif sur les communautés musulmanes.

Les responsables ecclésiastiques prennent de temps à autre un malin plaisir à verser de l’huile sur le feu pour raviver la flamme de la haine et pour empêcher toute velléité de réconciliation ou de pardon. Ces responsables sont même allés jusqu’à intervenir dans le cours de l’histoire en poussant les relations internationales à emprunter des chemins qu’ils ont minutieusement tracés afin qu’aucune chance ne soit accordée à l’Islam pour qu’elle reprenne son souffle.

Il est manifeste que la logique du chosisme est une logique de vengeance et d’appel au meurtre, et ce, au contraire de la logique du christianisme primitif qui repose sur le pardon et la miséricorde. La vérité est que le fossé qui sépare les valeurs chrétiennes des comportements croisés est immense. L’opposition qui sépare deux doctrines aussi radicalement différentes est consommée.

Comme nous l’avons dit, le monde croisé est dominé par une civilisation humaine dont l’édification est le fruit du concours d’éléments juifs, chrétiens, athées et agnostiques. La haine des Juifs envers l’Islam est notoire, car ceux-ci considèrent que les Arabes ont usurpé le statut de la prophétie qui était jusque-là le monopole des Enfants d’Israël. Tout comme ils considèrent que les Arabes sont les premiers à avoir chassé les Juifs hors du Hedjaz et à avoir hérité de leurs biens. Cette rancœur a enfin pu s’exprimer lorsque les champs d’action du monde croisé se sont ouverts aux Juifs. Comment ces champs d’action se sont-ils ouverts ?

Nous pensons que ce sont les caractéristiques humaines générales propres à la civilisation occidentale qui ont permis aux Juifs de travailler, de produire et d’atteindre leurs objectifs. Par ailleurs, un autre point important est que l’inadéquation des préceptes croisés avec les exigences du monde contemporain d’une part, et avec l’Ancien Testament d’autre part, ont favorisé l’émergence des sciences humaines, telles que la psychologie, la sociologie, l’économie et la politique, en tant que substituts à la religion pour combler le vide spirituel existant.

Les Juifs sont parvenus à prendre les rênes de ces sciences et à y incorporer les concepts qu’ils désiraient. Grâce à elles, ils pouvaient diriger les médias écrits et audio-visuels. C’est ainsi que se rencontraient la haine juive et la haine croisée pour dénaturer la réputation de l’Islam et pour déformer tout ce qui s’y rapporte.

La raison de la haine des athées à l’encontre de l’Islam est également connue. Le discours sur Dieu et sur Ses Droits n’a en effet jamais été aussi puissant qu’il ne l’est dans l’Islam. L’athéisme a réussi à soustraire de nombreuses nations à leur héritage spirituel et à leur inculquer la seule pensée matérialiste. Les musulmans, quant à eux, n’ont cessé de se cramponner à leur religion et d’y revenir à chaque fois que les circonstances les en éloignaient.

Ces nombreuses sources débordantes de ressentiments contre l’Islam et sa nation se sont retrouvées aujourd’hui pour décider du sort de leur ennemi commun. Le jour où les Musulmans se réveilleront de leur sommeil profond, toutes ces sources se transformeront en poussière emportée par le vent. Le temps n’est-il pas venu d’accomplir ce réveil tant attendu ?

Pour chaque heure qui passe sans éveil de notre part, nous payons le prix fort, tandis que nos adversaires la mettent à profit pour s’assurer des victoires faciles. Je ne crois pas que le monde contemporain ait méprisé des droits ni rabaissé des causes autant qu’il l’a fait avec nos droits et nos causes. Le plan à long terme consiste à ce que jamais nous ne nous relevions.

Par: Umar Lauthan

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