[Redressement au sein de la force policière] Obligation d’enregistrer les plaintes de cybercrimes dans toutes les stations

Confronté à des plaintes répétées de citoyens incapables d’enregistrer leurs doléances dans leurs stations de police locales, le ministre de la Technologie, de la Communication et de l’Innovation, le Dr Avinash Ramtohul, a récemment interpellé le commissaire de police afin que des directives claires soient émises à l’ensemble des stations du pays. L’objectif : garantir que toute plainte relative à un cybercrime soit désormais enregistrée localement, sans que les victimes aient à se déplacer jusqu’à la Cybercrime Unit.

Le commissaire de police, Rampersad Sooroojebally, a effectivement émis un communiqué officiel adressé aux responsables des stations de police et aux commandants le 5 novembre, leur rappelant que le refus d’enregistrer la déposition d’un plaignant va à l’encontre du Police Standing Order 130. Tous les postes de police sont désormais tenus d’enregistrer les plaintes des victimes de cybercriminalité.

Cette démarche, saluée comme un signe fort de redressement institutionnel et de modernisation de la réponse policière, marque un tournant dans la lutte contre les délits commis dans l’espace numérique. La directive vise à corriger une faille opérationnelle observée depuis plusieurs années, où nombre de victimes de cyberharcèlement, de fraudes en ligne ou de diffamation numérique étaient contraintes de se rendre à la Cybercrime Unit à Port-Louis — un déplacement souvent difficile pour des personnes déjà fragilisées.

« Je suis très satisfait de la rapidité avec laquelle une décision a été prise. Nous attendons désormais que chaque policier assume sa responsabilité et enregistre les dépositions, même lorsqu’il s’agit de cybercriminalité. C’est leur devoir », a déclaré le ministre Avinash Ramtohul. « Des actes commis dans le monde virtuel ont des conséquences bien réelles. Le seul recours des victimes est de pouvoir s’adresser à leur station de police locale. C’est un droit constitutionnel pour chaque citoyen », a-t-il ajouté.

Le ministère rappelle également que les citoyens peuvent signaler leurs incidents via MAUCORS+, la plateforme nationale de signalement gérée par CERT-MU. Cet outil numérique permet un suivi efficace et une meilleure coordination entre les forces de l’ordre et les autorités techniques.

Les statistiques sont révélatrices de l’ampleur du phénomène : entre février et le 5 novembre 2025, 5 233 cas de cybercrimes ont été enregistrés à Maurice. Parmi eux, 1 521 concernent la tranche d’âge de 17 à 59 ans, incluant notamment 623 cas de cyberharcèlement, 520 de fausses nouvelles et 763 d’escroqueries et de fraudes en ligne.

Ces données confirment une tendance inquiétante, mais aussi la volonté du gouvernement de renforcer la confiance entre citoyens et institutions, en plaçant la proximité et la réactivité policière au cœur de la protection numérique.

« Le numérique ne doit pas être un espace d’impunité », conclut le ministre Ramtohul, qui réaffirme son engagement à assurer la sécurité digitale de tous les Mauriciens, dans un environnement où les droits fondamentaux et la dignité des citoyens demeurent la priorité.