[Réforme de l’éducation] Le ministre Mahend Gungapersad réaffirme son engagement face aux défis de l’admission scolaire

Le ministère de l’Éducation et des Ressources humaines, Mahend Gungapersad, a organisé jeudi après-midi une réunion consultative au Sir Harilal Vaghjee Memorial Hall pour débattre des nouvelles modalités d’admission dans les établissements secondaires. Cette rencontre s’inscrit dans un vaste processus de transformation du secteur éducatif visant à réduire la compétition excessive tout en garantissant le bien-être des élèves.

Placée sous le thème “Transformation of the Mauritian Education Sector“, cette session fait suite aux propositions formulées lors des Assises de l’Éducation en 2025. Elle a permis aux différentes parties prenantes d’échanger sur les stratégies susceptibles d’établir un système d’admission plus équitable, équilibré et inclusif.

Le ministre a participé à la rencontre aux côtés de membres de l’Assemblée nationale et d’autres personnalités. Le Chief Technical Officer du ministère, Ricaud Auckbur, a présenté les différents modèles d’admission actuellement à l’étude.

Un processus de consultation, non d’imposition

Dans son allocution, Mahend Gungapersad a rappelé que le processus de réforme est en cours depuis plus d’un an et repose sur la consultation plutôt que sur l’imposition. Il a souligné que le projet de plan éducatif proposé, comprenant plus de 150 mesures de réforme, aura un impact direct sur l’enseignement, l’apprentissage et la conception même de l’éducation à Maurice, rendant indispensable un consensus sur des questions clés telles que les modalités d’admission.

Le ministre a attiré l’attention sur la pression croissante entourant les admissions et transferts scolaires, notant l’augmentation du nombre de demandes reçues par le ministère. Il a observé que le paysage actuel des admissions a généré une forte demande pour certains établissements, entraînant une compétition accrue et des préoccupations publiques. Il a assuré que ces problématiques seront examinées attentivement dans le cadre du processus de consultation et de réforme en cours.

Plusieurs questions clés à l’examen

Mahend Gungapersad a également évoqué plusieurs autres enjeux actuellement sous révision. Parmi ceux-ci figurent la méthode utilisée pour agréger les résultats d’examen, qui peut conduire à des situations où des élèves ayant des agrégats identiques obtiennent des scores globaux significativement différents. Il a également mentionné les préoccupations soulevées par les examinateurs concernant le désengagement croissant des élèves face aux questions de niveau supérieur.

Le ministre a fait référence aux propositions concernant l’organisation des écoles, notamment la discussion sur l’enseignement mixte versus non mixte. Il a réaffirmé que les consultations se poursuivront avec les élèves, les parents et d’autres parties prenantes, y compris les représentants de Rodrigues.

Cette démarche consultative témoigne de la volonté du gouvernement d’impliquer l’ensemble de la communauté éducative dans une réforme d’envergure du système scolaire mauricien.

Désaffection des écoles publiques : Eshan Juman réclame une enquête

Présent à la réunion consultative, le député Eshan Juman a alerté le ministère de l’Éducation sur les effectifs en chute libre dans plusieurs établissements étatiques. Selon l’élu, l’attractivité du système public s’est considérablement affaiblie durant les dix dernières années, incitant les familles à opter pour des solutions alternatives payantes.

Le parlementaire travailliste a mentionné une école de Port-Louis dont la fréquentation a chuté dramatiquement : d’environ mille élèves il y a une quinzaine d’années à seulement une dizaine d’inscrits actuellement en classe de départ. Lors d’une visite, il a pu constater cette situation de visu. Bien que reconnaissant l’impact du facteur démographique, Eshan Juman estime qu’il ne justifie pas à lui seul un tel effondrement.

Le député a sollicité le démarrage immédiat d’une enquête pour comprendre cette évolution préoccupante et identifier les mesures permettant de redynamiser l’enseignement publique. Dans un post sur Facebook, Eshan Juman a salué l’initiative du ministre et de son équipe, témoignant d’une volonté de dialogue constructif sur cette question cruciale.

Le Junior Minister Kugan Parapen plaide pour un système durable et inclusif

Le Junior MinisterKugan Parapen a plaidé en faveur d’un système qui résistera à l’épreuve du temps tout en permettant aux enfants de la république de s’épanouir pleinement en tant qu’êtres humains.

L’élu estime que si la compétition peut être bénéfique, à partir du Grade 9 et non du PSAC, l’éducation doit également mettre l’accent sur les méthodes collaboratives. Il appelle à concrétiser la mixité dans l’ensemble du système scolaire dès cette année, considérant que la diversité de genre devrait être une réalité établie en 2026.

Le Junior Minister a également salué l’initiative du ministre Gungapersad, soulignant l’importance de cette consultation avec les parlementaires pour définir collectivement l’avenir de l’enseignement dans le pays.

Roshan Jhummun réclame cohérence et transparence

Le député Roshan Jhummun a fait part de son étonnement face aux volte-face des cadres administratifs qui, selon lui, défendent aujourd’hui des positions contraires à celles d’hier. Il s’interroge sur la véritable utilité des Académies, dont la seule spécificité semble être leur mode de recrutement mixte.

Le parlementaire dénonce l’incohérence d’un système public fonctionnant selon deux logiques distinctes – avec et sans mixité. Il plaide pour une harmonisation totale, quel que soit le modèle retenu, du Grade 1 au Grade 13.

Roshan Jhummun pointe également le manque de clarté dans l’évaluation au PSAC. Comment justifier, se demande-t-il, que deux élèves aux résultats similaires soient dirigés vers des établissements différents ? Il appelle le Mauritius Examinations Syndicate à davantage d’ouverture pour répondre aux questionnements légitimes des familles.

Résultats du School Certificate 2025 : Baisse générale des performances

La diffusion des résultats du School Certificate (SC) s’est effectuée via la plateforme Cambridge le 15 janvier, suivie d’une présentation statistique par Serge Ng Tat Chung, directeur de la Mauritius Examinations Syndicate, le lendemain.

L’examen a accueilli 11 753 candidats au total, avec un taux de succès national de 69,28 %, marquant un déclin de 3,37 points de pourcentage comparé aux 72,65 % de 2024.

La répartition par genre révèle que les 5 110 candidats masculins ont atteint 66,79 % de réussite, tandis que les 6 625 candidates féminines ont obtenu 71,20 %.

Maurice : Sur 11 028 participants, les garçons (4 805) ont connu une baisse importante à 67,64 % contre 79,89 % l’année précédente. Les filles (6 223) affichent 72,14 %, soit 3,03 points de moins qu’en 2024 (75,17 %).

Rodrigues : Les 702 candidats ont enregistré des baisses plus prononcées. Les garçons (302) sont passés de 64,21 % à 53,97 % (-8,51 points), tandis que les filles (400) ont reculé de 66,14 % à 57,00 % (-9,14 points).

Agalega : Les cinq candidats n’ont obtenu aucune réussite.

Le créole mauricien, dans sa troisième année d’enseignement, a attiré 648 participants (contre 183 en 2023), avec un taux de succès de 91,51 %. Les filles obtiennent 94,59 % contre 87,41 % pour les garçons.

Les technologies éducatives comptent 69 candidats, avec une performance de 96,67 % chez les filles contre 92,3 % pour les garçons.

Le ministre de l’Éducation, Mahend Gungapersad, a exprimé son inquiétude face à cette tendance à la baisse. Il a demandé une analyse approfondie par matière et attend le rapport détaillé de Cambridge pour identifier les difficultés rencontrées par les candidats.