[Réforme des pensions] Suppression définitive du means test et flexibilité dès 60 ans

Le gouvernement a présenté vendredi après-midi, à Port-Louis, une série de mesures destinées à renforcer le système de pension mauricien. Lors d’une conférence de presse, le ministre de l’Intégration sociale, de la Sécurité sociale et de la Solidarité nationale, Ashok Subron, a annoncé la suppression permanente du means test pour la Basic Retirement Pension (BRP), une plus grande souplesse dans l’accès à la pension à partir de 60 ans, ainsi que la création envisagée d’un second pilier contributif, le National Pension Fund 2.0.

Le ministre était entouré du ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et du Commerce international, Ritish Ramful ; du ministre du Travail et des Relations industrielles, Reza Uteem ; du ministre junior des Finances, Dhaneshwar Damry ; et du Junior Minister de l’Intégration sociale, de la Sécurité sociale et de la Solidarité nationale, Kugan Parapen.

Le means test définitivement écarté

Ashok Subron a confirmé que le means test, qui devait conditionner le montant de la pension aux revenus du bénéficiaire, est abandonné de façon permanente. Tous les Mauriciens conserveront le droit à une pension à 60 ans, qu’ils exercent une activité professionnelle ou non, et quel que soit leur niveau de revenus. Le ministre a insisté sur le fait qu’aucun droit déjà acquis ne sera remis en cause, réaffirmant que la pension reste un droit universel pour tous les citoyens.

Un choix laissé à chacun sur l’âge de départ

Le nouveau cadre introduit surtout une flexibilité dans la manière de percevoir sa pension. Chaque bénéficiaire pourra désormais choisir de la réclamer dès 60 ans ou de repousser cette échéance. Ceux qui opteront pour un versement immédiat à 60 ans recevront un montant ajusté selon des critères actuariels, légèrement réduit puisque versé plus tôt et donc sur une durée plus longue. Ceux qui patienteront au-delà de cet âge bénéficieront en revanche d’un montant plus élevé, a précisé le ministre.

Une souplesse pensée pour la période de transition

Le ministre junior Kugan Parapen a détaillé l’application de cette nouvelle option durant la période de transition. Il a rappelé qu’une réforme antérieure avait déjà prévu un relèvement progressif de l’âge d’éligibilité à la BRP, de 60 à 65 ans, étalé sur cinq ans.

Selon l’approche révisée, les personnes atteignant 60 ans pendant cette période de transition pourront choisir de percevoir leur pension immédiatement, sans attendre l’âge auquel elles auraient eu droit à la pension complète selon le calendrier initial. Celles qui feront ce choix recevront un montant ajusté à la baisse, calculé en fonction du nombre de mois ou d’années d’avance pris sur leur âge d’éligibilité initial.

Kugan Parapen a précisé que ce montant réajusté continuera néanmoins de bénéficier des augmentations annuelles liées au coût de la vie, ainsi que des majorations prévues par la loi selon l’âge du bénéficiaire. Un outil de simulation sera par ailleurs développé pour permettre à chacun d’estimer ses droits à la retraite selon sa date de naissance et l’option de départ choisie.

Un second pilier en préparation

Au-delà de la réforme immédiate de la BRP, le ministre a profité de cette conférence de presse pour esquisser l’avenir du système de pension à plus long terme. Ashok Subron a ainsi évoqué la création à venir du National Pension Fund 2.0. Ce nouveau fonds constituerait le second pilier du système de pension mauricien, aux côtés de la pension universelle versée par l’État. Il s’agirait d’un régime contributif, distinct de la BRP, dont les modalités précises de financement restent à définir dans le cadre des consultations à venir.

Ce régime contributif sera élaboré en concertation avec les travailleurs, les syndicats et les autres parties prenantes, dans l’objectif de renforcer la protection retraite des générations futures. Le ministre a assuré que les droits acquis seront protégés et qu’aucun travailleur ne sera pénalisé par ce nouveau système.

Points clés à retenir :

  • La pension universelle n’est pas supprimée.
  • À 60 ans, chacun peut choisir de commencer à percevoir sa SAP selon un montant réajusté.
  • Le montant augmente progressivement avec les réajustements annuels et les majorations prévues par la loi en fonction de l’âge.
  • Ceux qui perçoivent déjà une pension ne sont pas concernés par la réforme. Il n’y aura aucune baisse sur leur pension.