[Réhabilitation du cimetière de St Jean] Le gouvernement apporte son soutien à l’Église

Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a remis lundi 22 décembre un chèque à l’évêque Jean-Michaël Durhône, du diocèse de Port-Louis, au New Treasury Building à Port-Louis, en vue de la réhabilitation et de la réparation de 512 tombes du cimetière de St Jean à Quatre Bornes, gravement endommagées lors des inondations du 8 novembre 2023 et du 14 janvier 2024.

Parmi ces tombes, 71 ont subi des dommages critiques, 141 des dommages partiels et 300 des dommages mineurs.

La cérémonie de remise s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités, dont le ministre Arvin Boolell, la Chief Government Whip Stéphanie Anquetil, le Deputy Speaker Veda Baloomoody, le Junior Minister Dhaneshwar Damry, ainsi que des membres du clergé, notamment le Père Benoît Sylva (paroisse de St Jean) et le Père Eddy Coosnapen (diocèse de Port-Louis).

Dans son allocution, le Premier ministre est longuement revenu sur les circonstances ayant conduit à cette situation, qualifiant les événements de « scandaleux ». « Ce qui s’est produit lors des inondations au cimetière de St Jean est choquant. Tout le monde a vu les vidéos : des corps sont sortis des tombes. C’est profondément bouleversant », a-t-il déclaré. Navin Ramgoolam a rappelé que, lors des travaux du Metro Express, des consultants singapouriens avaient mis en garde contre ce type de construction, alertant sur les risques encourus. « On a voulu faire croire que cela permettrait d’économiser de l’argent. Au lieu de mettre le métro sur pilotis, il a été construit à même le sol, avec les conséquences que l’on connaît aujourd’hui », a-t-il soutenu. Évoquant les 512 tombes endommagées et le mur du cimetière effondré, il a parlé d’« une véritable tragédie humaine », rappelant qu’« un cimetière est un lieu sacré », ce qui justifie, selon lui, l’intervention de l’État.

Le chef du gouvernement a par ailleurs souligné le caractère humanitaire de l’intervention gouvernementale, insistant sur la nécessité de soutenir les familles touchées par la destruction des tombes. Il a ajouté que cette initiative reflète l’engagement du gouvernement à préserver le patrimoine national tout en apportant une aide concrète aux citoyens en période de crise. La réhabilitation vise ainsi à restaurer les sépultures endommagées, mais aussi à offrir réconfort et apaisement aux familles, dans un esprit de mémoire et de solidarité.

Pour sa part, l’évêque Jean-Michaël Durhône a exprimé sa gratitude envers le Premier ministre et le gouvernement pour leur soutien dans la mise en œuvre du projet. Il a rappelé la portée sacrée et historique du cimetière de St Jean, où au moins 150 000 personnes ont été inhumées au fil des siècles, soulignant que les travaux sont menés dans le respect des lieux et des familles. Il a conclu en indiquant que cette démarche constitue à la fois un acte de mémoire et un moyen de contribuer au processus de guérison des familles affectées par cette tragédie.