[Reward Money] Un ACP bientôt entendu

  • Ce haut gradé, connu pour ses déclarations controversées à la presse, aurait reçu plus de Rs 100 millions sur son compte bancaire

L’enquête menée par la ‘Financial Crimes Commission’ (FCC) autour du système de Reward Money continue de secouer la hiérarchie policière. Après l’arrestation de l’assistant commissaire de police Lillram Deal, deux autres officiers de police ont été arrêtés mercredi dans ce vaste scandale financier. Il s’agit de l’ASP Faraaz Mooniaruth et du sergent Yeshdeo Seeboruth, deux proches de l’ancien commissaire de police Anil Kumar Dip.

Ces arrestations ont eu lieu après que les enquêteurs de la FCC ont découvert une somme de Rs 19,3 millions sur le compte bancaire du sergent Seeboruth. Selon les premières informations, ces fonds auraient été déposés entre septembre et octobre 2024. L’origine de cet argent est jugée suspecte et serait liée à des activités illégales autour du système de Reward Money, destiné normalement à récompenser les informateurs de la police dans le cadre d’enquêtes criminelles.

Selon les enquêteurs, l’ASP Faraaz Mooniaruth aurait validé une fausse demande de Reward Money d’un montant de Rs 3 millions. Cette somme aurait été versée au profit du sergent Seeboruth, alors qu’il dirigeait la Police Reform Development Unit. Le rôle de l’ASP Mooniaruth dans cette affaire est considéré comme central, car c’est lui qui aurait recommandé le paiement dans le cadre d’enquêtes fictives.

Lors de son arrestation, le sergent Seeboruth a été longuement interrogé sur les mouvements d’argent liés à son compte bancaire. Il a été confirmé que l’argent du Reward Money a été retiré peu de temps après avoir été versé. Les enquêteurs ont aussi été intrigués par la présence d’un coffre-fort vide retrouvé au domicile du sergent. Ce coffre a été saisi, et des prélèvements ont été effectués par les officiers de la police scientifique dans le cadre de l’enquête.

Les deux policiers ont comparu en cour jeudi, après avoir été placés en détention la veille. Ils ont été provisoirement inculpés de blanchiment d’argent, sous l’article 36 de la FCC Act. Le sergent Seeboruth aurait joué un rôle clé dans les démarches administratives pour faire aboutir ces fausses demandes de primes. La FCC soupçonne également que l’ASP Mooniaruth et le sergent Seeboruth se seraient concertés pour adopter une ligne de défense similaire après leur arrestation. Cette stratégie soulève des interrogations au sein de la commission, qui cherche à établir s’il s’agit d’une simple coïncidence ou d’un accord entre les deux hommes.

Le processus de « Money Trail » mené by plusieurs équipes d’investigation de la FCC a été crucial dans l’identification des transactions douteuses. Ce travail d’analyse bancaire a permis de retracer les flux financiers suspects et de remonter jusqu’aux comptes personnels des policiers concernés.

Par ailleurs, dans le même dossier, l’assistant commissaire de police Lillram Deal a retrouvé la liberté conditionnelle après 28 jours de détention. Il a comparu en cour de Port-Louis jeudi. Le haut gradé a dû fournir deux cautions de Rs 700 000 chacune et signer deux reconnaissances de dette d’un montant de Rs 1,5 million chacune.

Pour rappel, Lillram Deal avait été arrêté le 20 juin dernier après que la FCC eut découvert une somme de Rs 4,5 millions sur un compte bancaire conjoint qu’il détient avec son épouse. Une partie de cet argent, issu du Reward Money Fund, aurait été utilisée pour l’achat d’un véhicule à son nom.

Ce nouveau développement confirme les soupçons d’un vaste réseau impliqué dans le détournement de fonds publics destinés à rémunérer des informateurs dans le cadre d’enquêtes policières. Plusieurs officiers de haut rang sont désormais dans le viseur des enquêteurs.

La FCC continue ses investigations, qui pourraient révéler d’autres complicités au sein de la force policière. Des perquisitions ont déjà été effectuées au domicile de l’ASP Mooniaruth à Plaine des Papayes, où plusieurs documents ont été saisis. Ces pièces pourraient permettre de faire avancer l’enquête.

Les autorités judiciaires doivent maintenant déterminer si ces fonds publics ont été obtenus et utilisés illégalement, et si d’autres policiers ou civils sont impliqués dans cette affaire. Le système de Reward Money, qui visait à encourager les dénonciations dans les affaires criminelles, est aujourd’hui au cœur d’un scandale qui soulève de nombreuses questions sur la transparence et le contrôle des finances publiques au sein de la police.

Ce dossier reste en cours et d’autres arrestations ne sont pas à écarter. La FCC semble déterminée à aller jusqu’au bout pour faire toute la lumière sur cette affaire qui entache sérieusement l’image de la police mauricienne.

Un ACP visé : plus de Rs 100 millions dans son compte bancaire intriguent la FCC

Un haut gradé de la police, plus précisément un Assistant Commissaire (ACP), se retrouve dans le viseur de la Financial Crimes Commission (FCC). Ce dernier, déjà connu pour ses nombreuses déclarations controversées à la presse dans le passé, notamment à la suite de saisies de drogue, est aujourd’hui au centre d’une enquête d’envergure.

Selon des sources proches du dossier, l’ACP aurait, à plusieurs reprises, tenu des propos visant directement certaines personnalités occupant des postes constitutionnels, soulevant déjà des interrogations à l’époque.

Mais cette fois, c’est une tout autre affaire qui attire l’attention des enquêteurs. Plus de Rs 100 millions auraient transité par son compte bancaire personnel. La FCC veut comprendre l’origine et la justification de ces importants mouvements de fonds.

Le haut gradé sera convoqué prochainement dans les locaux de la FCC à Réduit. Il devra fournir des explications sur ces transactions, jugées suspectes.

L’enquête s’annonce délicate, d’autant plus qu’il s’agit d’un officier occupant un poste stratégique au sein des forces de l’ordre. La FCC poursuit son travail de traçabilité financière pour déterminer s’il s’agit d’un cas de blanchiment d’argent ou si d’autres personnes sont impliquées dans ce qui pourrait être un réseau plus large.

L’affaire est suivie de près, alors que les révélations autour de ce dossier pourraient avoir des répercussions importantes au sein des institutions.