[Violence conjugale] Fabrino tué par sa compagne, Prageena par son concubin, à quelques heures d’intervalle

Fabrino Cupidon et Prageena Jootun, les deux victimes

Deux drames conjugaux ont eu lieu en moins de vingt-quatre heures. À La Source, dans la soirée du jeudi 4 juin, Fabrino Cupidon, 38 ans, a été retrouvé mort à son domicile de Quatre-Bornes. Le lendemain matin, c’est Prageena Jootun, 23 ans, qui a été découverte sans vie à Bain-des-Dames. Leur partenaire a dans les deux cas été interpellé et inculpé. Ces deux affaires mettent une nouvelle fois en lumière le fléau des violences conjugales à Maurice.

Mort suspecte de Fabrino Cupidon à La Source : sa compagne inculpée de meurtre

Fabrino Cupidon, 38 ans, a été retrouvé mort à son domicile de Rotin No. 1, à La Source, Quatre-Bornes, jeudi soir. Sa compagne, Neelam Munisamy, 31 ans, a depuis été inculpée provisoirement de meurtre.

L’autopsie, réalisée vendredi matin par la médecin légiste Shaila Jankee Prasad, a établi que le décès était dû à une blessure par arme blanche à la cuisse. Dans la foulée, Neelam Munisamy a comparu devant le tribunal de Rose Hill avant d’être reconduite en cellule policière. Elle a ensuite été amenée sur les lieux par les enquêteurs pour indiquer l’endroit où elle affirme avoir jeté le couteau. Des dalles ont dû être retirées d’un caniveau pour permettre aux agents de la Scene of Crime Office (SOCO) de récupérer l’arme.

La veille, jeudi soir, les policiers s’étaient rendus au domicile de la victime à la suite d’un signalement. Ils avaient découvert le corps de l’homme au sol, des traces de sang relevées à l’intérieur de la maison, devant la résidence, ainsi que dans la ruelle adjacente donnant sur la route principale. Privilégiant la piste criminelle, les enquêteurs de la CID de Quatre-Bornes avaient rapidement interpellé la compagne du défunt. Lors de son interrogatoire, elle aurait reconnu l’existence d’une dispute avec Fabrino Cupidon au cours de laquelle ce dernier aurait été blessé.

L’enquête se poursuit.

Féminicide de Prageena Jootun, 23 ans, à Bain-des-Dames : son concubin avoue le meurtre

Prageena Jootun, 23 ans, a été retrouvée morte vendredi matin à son domicile de la rue Ruthworth, à Bain-des-Dames. Son concubin, Mavin Changia, 29 ans, a reconnu les faits lors de son interrogatoire.

La jeune femme, employée d’une compagnie basée au Caudan, était restée dormir chez son compagnon la veille. C’est sa mère, alertée par son silence inhabituel, qui a découvert le corps vers 9 heures du matin, après avoir aperçu du sang sur les rideaux en faisant le tour de la maison. L’autopsie a établi qu’elle avait succombé à vingt-cinq coups de couteau portés à l’abdomen, au cou et à la poitrine, vers 8 heures.

Le drame se serait produit à l’issue d’une dispute survenue tôt dans la matinée. Selon des proches, des tensions s’étaient multipliées au sein du couple ces derniers mois.

Chauffeur de taxi, Mavin Changia a été retrouvé dans l’après-midi sur le rivage de Bain-des-Dames par les enquêteurs de la CID de Port-Louis Sud, sous la supervision du surintendant Kailash Dussoye. Interrogé, il est passé aux aveux avant d’être remis à la Major Crime Investigation Team (MCIT), qui assure la suite des investigations.

L’enquête se poursuit.

Raise Brave Girls appelle à une loi sur les lanceurs d’alerte

Réagissant au féminicide de Prageena Jootun, l’ONG Raise Brave Girls a appelé à une prise de conscience collective. « La violence contre les femmes n’est pas une affaire privée », souligne l’organisation, qui dénonce le silence trop souvent observé par l’entourage des victimes — proches, voisins, collègues ou membres de la communauté — malgré des signaux d’alarme visibles.

L’ONG réitère sa demande d’introduction d’une loi sur les lanceurs d’alerte, qui permettrait à toute personne de signaler anonymement et en toute sécurité des situations de violence domestique. « Protéger les victimes doit être une responsabilité collective, et non la seule charge de celles qui subissent les violences », insiste-t-elle.