[Violence en milieu scolaire] L’AHPC propose un protocole national de prise en charge

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Le ministre Gungapersad réaffirme sa politique de tolérance zéro

Un père de famille et professionnel de santé interpelle cette semaine le ministre de l’Éducation après qu’un élève au comportement violent, simplement transféré dans un autre établissement, a de nouveau agressé ses camarades — dont son propre fils.

C’est une lettre qui part d’un fait précis, vécu de l’intérieur. Rizwan Chumroo, physiothérapeute et président de l’Allied Health Professionals Council (AHPC), a adressé le 22 avril 2026 une proposition au ministre de l’Éducation, Mahend Gungapersad, pour réclamer un protocole national de prise en charge des élèves violents. Derrière la démarche institutionnelle, il y a une histoire personnelle : celle de son fils, élève à la Mohunlall Mohith Government School de L’Avenir, à St-Pierre, bousculé cette semaine par un camarade dont le dossier aurait dû, selon lui, faire l’objet d’un suivi bien avant ce jour-là.

Un transfert sans filet

L’enfant en question était au cœur des incidents qui avaient secoué une école primaire de St-Pierre courant mars 2026. Suspendus après une série d’agressions — coups portés à des camarades, coup de pied à une enseignante —, deux élèves de 8 et 9 ans avaient contraint l’établissement à poster un policier à son entrée. Le ministre Gungapersad avait alors affiché une ligne claire : tolérance zéro, mais exclusion définitive en dernier recours, après tentatives de suivi psychologique et de réhabilitation.

« Je croyais que quand le ministère suspend ce genre d’enfants, il fait appel à un psychologue pour faire une évaluation, un psychometric test, etc., car ils ont des problèmes à traiter en urgence. Mais malheureusement, ce n’est pas le cas », explique le président de l’AHPC. Dans les faits, le 20 avril, à la rentrée, l’un de ces élèves a été transféré à la Mohunlall Mohith Government School à l’Avenir, sans qu’aucun mécanisme de suivi psychologique n’ait été mis en place au préalable semble-t-il. Dès cette semaine, le même schéma s’est reproduit : agressions physiques envers plusieurs camarades, comportement verbalement abusif envers un enseignant devant toute la classe. Le fils de Rizwan Chumroo a été parmi les élèves visés.

« Il est profondément préoccupant qu’un élève avec un tel historique documenté ait été placé dans une nouvelle école sans mesures de sécurité adéquates. Son comportement représente un risque clair et continu pour la sécurité des autres élèves et du personnel. De tels problèmes comportementaux graves nécessitent une intervention professionnelle immédiate, y compris une évaluation psychologique complète et, si nécessaire, un soutien de la part d’un psychothérapeute qualifié », résume le père de famille.

Soucieux de ne pas en rester à un simple signalement, Rizwan Chumroo a adressé des courriers formels à la direction de l’établissement, au président de l’association parents-enseignants, à l’Inspectorat de la Zone 2 ainsi qu’à la Brigade des Mineurs — illustrant, dans les faits, le type de coordination multi-institutionnelle qu’il appelle précisément de ses vœux.

Un diagnostic clinique, une proposition structurée

Fort de quinze ans d’expérience dans des structures d’éducation spécialisée, Rizwan Chumroo pose un diagnostic professionnel sur la situation : les comportements agressifs chez l’enfant résultent le plus souvent d’une combinaison de schémas comportementaux appris, de difficultés de régulation émotionnelle et de facteurs d’environnement. Ces trois dimensions sont interdépendantes et ne peuvent être traitées isolément — encore moins ignorées.

Sa proposition au ministère, intitulée Integrated Psychological Assessment & Multi-Agency Response Framework, décrit une chaîne d’intervention en six niveaux : de la consignation de l’incident par l’enseignant jusqu’à, en dernier recours seulement, l’intervention policière et l’orientation vers un centre de réhabilitation pour mineurs. Entre les deux, le texte prévoit un dépistage standardisé, une évaluation psychologique approfondie confiée à un psychologue agréé, un plan d’intervention comportementale individuel, et une conférence de cas réunissant école, famille et représentants des ministères concernés. La coordination inter-ministérielle est au cœur du dispositif : Éducation, Santé, Égalité des genres et Bien-être familial, Affaires intérieures.

Une crédibilité institutionnelle

La démarche ne vient pas de nulle part. En sa qualité de président de l’AHPC — l’instance qui régule dix-huit professions de santé alliées à Maurice, dont la psychologie et le conseil —, Rizwan Chumroo a piloté le développement de cadres nationaux de compétences pour les psychologues et conseillers des établissements d’enseignement supérieur. Il a également mis en place un comité d’évaluation destiné à combler les lacunes de qualification identifiées parmi les praticiens déjà en exercice dans le secteur éducatif.

C’est cette double expérience — le terrain clinique et la régulation professionnelle — qui fonde sa conviction qu’un tel cadre est non seulement souhaitable, mais urgent. « J’exhorte vivement les autorités compétentes à prendre des mesures immédiates et décisives pour protéger les élèves et le personnel. Chaque enfant a le droit d’apprendre dans un environnement sûr et sécurisé », conclut Rizwan Chumroo.

Le ministre Gungapersad réaffirme sa politique de tolérance zéro

Contacté dans le cadre de cet article, le ministre de l’Éducation Mahend Gungapersad a transmis la déclaration suivante : « Désormais, nous adoptons la politique de zéro tolérance envers les récalcitrants. Nous n’hésiterons pas à renvoyer pour quelques jours ceux qui s’adonnent à la violence. Le conseil des ministres a également approuvé la mise sur pied d’un comité afin de revoir les différentes lois pour régler le problème de violence à l’école. »

Autre cas enregistré : Un élève de Grade 9 agressé par un de Grade 10 vendredi

Un élève de Grade 9 a été violemment agressé par un élève de Grade 10 dans un collège à Ebène. Transporté dans une clinique privée pour des examens, il a obtenu sa décharge ce samedi. La famille de la victime dénonce cet acte de violence et réclame que des mesures soient prises.